Trois quarts des Canadiens réduisent leurs dépenses

Par La rédaction | 28 April 2025 | Last updated on 25 April 2025
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Corde en train de se rompre.
Photo : Anthony Boulton / iStock

Les Canadiens adoptent des mesures concrètes pour préserver leur santé financière dans un contexte économique incertain. L’Indice des dettes à la consommation de MNP enregistre un rebond de neuf points pour s’établir à 88 points, son plus haut niveau en plus d’un an. Un résultat qui témoigne d’un regain d’optimisme prudent.

Selon les données recueillies lors de ce sondage trimestriel, trois quarts des Canadiens (74 %) affirment avoir réduit leurs dépenses, une tendance particulièrement marquée chez les femmes (77 %) et les personnes âgées de 35 à 54 ans (81 %). Une proportion similaire (73 %) indique avoir reporté des achats ou investissements majeurs.

« Les deux baisses successives des taux d’intérêt par la Banque du Canada au cours de l’année ont stimulé l’optimisme des Canadiens à l’égard de leurs finances personnelles », explique Grant Bazian, président de MNP. Il note toutefois que « l’incertitude subsiste par rapport aux tarifs douaniers américains », même si leurs conséquences précises sur le budget des ménages demeurent encore floues.

UNE VULNÉRABILITÉ FINANCIÈRE PERSISTANTE
Malgré cette amélioration des perspectives, la précarité financière reste préoccupante pour de nombreux ménages. Si la proportion de Canadiens se trouvant à 200 $ ou moins de ne pas pouvoir honorer leurs obligations financières mensuelles a diminué de 7 points, elle demeure élevée à 43 %. Par ailleurs, 26 % des répondants se déclarent insolvables, une baisse de 9 points par rapport au trimestre précédent.

« Quatre Canadiens sur dix affirment quand même frôler l’insolvabilité, et plus du quart n’ont aucun coussin ni aucune souplesse ou marge de manœuvre dans leur budget », affirme Grant Bazian, soulignant la vulnérabilité de ces ménages face à d’éventuelles hausses des frais de subsistance, des coûts de logement ou une perte de revenus.

ADAPTATION AUX TAUX D’INTÉRÊT
Si 60 % des personnes interrogées restent préoccupées par l’effet des taux d’intérêt élevés, cette inquiétude marque un léger recul. Notamment, moins de répondants (43 %, en baisse de 7 points) craignent de ne pouvoir honorer leurs dettes si les taux augmentent encore. En parallèle, 24 % (+4 points) se disent mieux préparés à faire face à une hausse d’un point de pourcentage.

Concernant l’avenir, 44 % des répondants anticipent une augmentation de leurs coûts de logement dans l’année à venir, une préoccupation qui touche davantage les locataires (65 %) que les propriétaires (30 %). Les ménages à faibles revenus sont également plus susceptibles d’anticiper une hausse : 52 % des personnes gagnant moins de 40 000 $ par an contre 34 % pour celles gagnant 100 000 $ ou plus.

Un constat préoccupant alors que « plus de quatre millions de prêts hypothécaires, soit environ 60 % de tous les prêts hypothécaires en cours au Canada, seront renouvelés d’ici la fin de 2026 à des taux possiblement plus élevés », selon Grant Bazian.

PRUDENCE ACCRUE FACE À L’ENDETTEMENT
L’incertitude économique a conduit 81 % des Canadiens à réfléchir davantage avant de contracter de nouvelles dettes, un sentiment partagé indépendamment du sexe, de l’âge, de la région ou du revenu. Une proportion croissante (58 %, +9 points) estime pouvoir couvrir ses frais de subsistance sans emprunter davantage au cours de l’année à venir.

Près de la moitié des participants (50 %) déclarent solliciter des conseils financiers et suivre une planification financière plus qu’auparavant, reflétant une volonté accrue de mieux gérer leurs finances.

L’Indice des dettes à la consommation MNP, mis à jour trimestriellement, est basé sur un sondage mené par Ipsos entre le 11 et le 14 mars 2025 auprès de 2 000 Canadiens âgés d’au moins 18 ans.

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La rédaction