Trump 2.0 : un bilan mitigé pour les Six Grands

Par James Langton | 20 November 2024 | Last updated on 19 November 2024
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Tours de banque modernes à Francfort en fin d’après-midi, capturées en grand angle.
Nikada / iStock

La Banque de Montréal (BMO) et la Banque Royale du Canada (RBC) sont celles qui bénéficieront le plus des résultats des élections américaines, tandis que la Banque Scotia est confrontée à un risque stratégique accru, selon DBRS Morningstar.

Dans l’ensemble, les fondamentaux de crédit des six grandes banques ne devraient pas être affectés de manière significative par le résultat des élections américaines, affirme l’agence de notation dans une note de recherche.

Cependant, les changements politiques probables qui accompagnent la nouvelle administration de Donald Trump, notamment la réduction de l’impôt sur les sociétés, l’allègement de la réglementation et l’augmentation des droits de douane, auront un impact différent sur les banques, suggère-t-elle.

« Selon nous, BMO et RBC sont susceptibles de bénéficier le plus de la présidence Trump parmi les six grandes banques », analyse DBRS Morningstar.

L’agence de notation souligne que BMO a « d’importants prêts commerciaux et une banque d’investissement en croissance aux États-Unis qui pourraient bénéficier de la relocalisation de Trump et d’une activité accrue sur les marchés des capitaux, tandis que la gestion de patrimoine et les prêts commerciaux de RBC sont positionnés pour croître dans les années à venir ».

À l’inverse, la menace d’une montée du protectionnisme constitue un vent contraire potentiel pour la Banque Scotia, selon l’agence.

« La présidence Trump pourrait présenter des risques uniques pour la Banque Scotia, qui tire plus de 20 % de ses revenus des États-Unis et du Mexique, un pourcentage qui devrait encore augmenter dans les années à venir », explique-t-elle.

En particulier, DBRS Morningstar rappelle que des changements négatifs à l’accord de libre-échange existant entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, qui expire en 2026, « pourraient rendre la nouvelle stratégie [de la Banque Scotia] moins convaincante, ce qui affecterait ses possibilités de croissance future dans le corridor nord-américain ».

Les changements dans le cadre réglementaire américain pour les banques, y compris la perspective d’une réduction des exigences en matière de capital, devraient avoir un impact limité sur les six grandes banques, étant donné que leurs exigences en matière de capital sont déterminées par le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF) sur une base consolidée, y compris leurs activités aux États-Unis, observe l’agence de notation.

« Néanmoins, l’approche de la nouvelle administration américaine à l’égard des règles de Basel III Endgame, toujours en suspens, pourrait avoir une incidence sur le Canada », précise-t-elle.

Le BSIF a déjà retardé certaines réformes du capital en réponse à des mesures similaires aux États-Unis et en Europe, et DBRS Morningstar note que « le BSIF continuera de surveiller les progrès de la mise en œuvre de ces réformes dans les différentes juridictions, en tenant compte à la fois de l’équilibre concurrentiel dans le secteur bancaire et de la solidité du régime de capital du Canada ».

La perspective d’une approche plus favorable aux fusions et acquisitions dans le secteur bancaire américain devrait être neutre pour les six grandes banques, « bien que [la Banque Scotia] puisse potentiellement bénéficier de ces changements étant donné qu’elle s’est lancée dans une nouvelle expansion aux États-Unis », tempère l’agence de notation.

Enfin, l’impact de la hausse des droits de douane sur le portefeuille de prêts des banques canadiennes et sur les chaînes d’approvisionnement de leurs clients « reste incertain ».

Bien que DBRS Morningstar s’attende à une augmentation ciblée des droits de douane, elle met en garde contre le fait que « l’imposition de droits de douane généralisés pourrait avoir un impact négatif sur de nombreux secteurs et augmenter les pressions inflationnistes ».

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James Langton

James Langton est journaliste pour Advisor.ca et Investment Executive. Depuis 1994, il fait des reportages sur la réglementation, le droit des valeurs mobilières, l’actualité de l’industrie et plus encore.