Faut-il rester ou déménager dans plus petit ?

Par La rédaction | 9 June 2025 | Last updated on 6 June 2025
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Des mains d'une personne d'un certain âge, posées sur une canne
PeopleImages / iStock

À l’approche de la retraite, les propriétaires font face à des dilemmes concernant leur propriété, révèle un sondage de Royal LePage.

Qu’advient-il de ce statut de propriétaire, au moment d’envisager la retraite, sachant que les Canadiens quittent le marché du travail de plus en plus tard et que l’espérance de vie s’allonge ?

En outre, posséder une maison est un défi, et rembourser entièrement son prêt hypothécaire l’est encore plus, surtout avec la hausse constante des prix immobiliers, amplifiée par la demande due à la COVID-19 et à l’augmentation de la population canadienne.

PARTIR À LA RETRAITE SANS DETTE, UN OBJECTIF PLUS DIFFICILE À ATTEINDRE

De nouvelles tendances se dessinent, selon le sondage de Royal LePage mené par Léger auprès de 1 626 Canadiens âgés de 18 ans et plus entre le 2 et le 4 mai 2025.

Ainsi, 29 % des Canadiens qui prévoient prendre leur retraite en 2025 ou en 2026 affirment qu’ils devront continuer de rembourser leur prêt hypothécaire sur leur résidence principale pendant leur retraite.

Près de la moitié (45 %) affirment l’avoir déjà réglé, tandis que seuls 6 % indiquent qu’ils auront payé leur dette hypothécaire avant leur départ à la retraite.

« On a longtemps considéré qu’une retraite réussie passait par l’absence de dettes, notamment hypothécaires, mais avec la montée du coût de la vie, cette aspiration est devenue plus difficile à atteindre pour plusieurs », souligne Carolyn Forget, courtier immobilier, Royal LePage Urbain à Montréal.

Celle-ci constate aussi que certains propriétaires choisissent volontairement de prolonger leur prêt hypothécaire pour aider leurs enfants à accéder à la propriété, ce qui « peut retarder leur propre liberté financière », alors que « d’autres opteront pour l’achat commun d’un multilogement pour l’habiter en famille ».

RÉDUIRE LA TAILLE DE SA DEMEURE : PAS POUR TOUS

Parmi les adultes canadiens prévoyant prendre leur retraite en 2025 ou en 2026, 46 % déclarent qu’ils réduiront la taille de leur maison dans les deux ans suivant la fin de leur emploi à temps plein, alors que 47 % affirment qu’ils ne le feront pas.

Les personnes concernées sont largement divisées sur la question, d’après un récent sondage mené par Royal LePage auprès de 471 courtiers immobiliers au Canada entre le 7 mai 2025 et le 14 mai 2025.

Le Québec se classe au deuxième rang des provinces où les retraités sont les plus enclins à réduire la taille de leur logement, avec 35 % d’entre eux qui envisagent de le faire — derrière la région des Prairies, où cette proportion atteint 46 %. À l’inverse, 24 % des répondants estiment que la majorité des retraités préfèrent rester dans leur résidence actuelle, plaçant ainsi le Québec à égalité avec l’Ontario. Ces deux provinces affichent la plus forte tendance au maintien dans le domicile au pays.

Par ailleurs, 36 % des répondants estiment que, dans leur marché local, le nombre de personnes souhaitant déménager dans un logement plus petit est équivalent à celui de celles qui préfèrent rester dans leur maison actuelle.

Parmi les retraités qui comptent emménager dans une résidence de plus petite taille, l’appartement en copropriété est le choix le plus populaire (58 %), suivi d’une résidence pour adultes actifs de 55 ans et plus (21 %), d’une propriété détachée (16 %) et d’une maison attachée (5 %).

CHOISIR UN STYLE DE VIE : PLUSIEURS FACTEURS EN CAUSE

Selon Carolyn Forget, le choix du style de vie en vue de la retraite dépend de multiples facteurs économiques, personnels et temporels.

« [Un] nombre important de personnes qui sont à cette étape de leur vie choisissent de réduire la taille de leur résidence principale plus tôt que tard, pendant qu’ils en ont encore l’énergie et la forme physique. Pour ceux-ci, malgré un certain deuil lié au fait de quitter la demeure familiale, cette étape leur permet d’être plus libres et de voyager, comme ils ne sont plus contraints à l’entretien d’une grande maison unifamiliale », explique-t-elle.

Cependant, certaines décisions immobilières sont dictées par une réalité financière de plus en plus instable.

« Pour certains, la retraite rime avec liberté et projets, mais pour d’autres, elle s’accompagne d’une certaine anxiété financière, surtout lorsque la maison représente l’essentiel de leur épargne. Obtenir un bon prix à la vente peut littéralement faire la différence entre une retraite confortable et des années plus serrées », observe-t-elle.

Pour les propriétaires dont l’hypothèque est entièrement remboursée, d’autres options peuvent être envisagées, comme l’hypothèque inversée.

« Bien sûr, je recommande aux personnes qui considèrent cette démarche d’évaluer toutes leurs options avec leur conseiller financier et leur représentant hypothécaire », conclut Mme Forget.

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La rédaction