Fed et BdC : des trajectoires distinctes des politiques monétaires

Par La rédaction | 22 November 2024 | Last updated on 21 November 2024
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Banque fédérale de réserve à Washington D.C.
Philip / AdobeStock

La Réserve fédérale américaine (Fed) et la Banque du Canada (BdC) affichent des positions contrastées en cette fin d’année 2024, alors que les conditions économiques évoluent différemment des deux côtés de la frontière.

Comme anticipé par les marchés, la Fed a récemment abaissé le taux des fonds fédéraux de 0,25 point de pourcentage pour atteindre une fourchette cible de 4,50 % à 4,75 %. Depuis septembre 2024, cette diminution s’élève à un total de 0,75 point, marquant une première phase de transition après une période prolongée à des niveaux élevés.

Cependant, les attentes des investisseurs quant à de nouvelles baisses s’ajustent progressivement : le taux cible pour fin 2025 est désormais estimé entre 3,75 % et 4 %, bien au-dessus des projections initiales de septembre, rapporte un article de Morningstar.

Ce changement de perspective est alimenté par des données économiques qui atténuent les craintes de récession aux États-Unis. Malgré une hausse du taux de chômage jusqu’en août 2024, les deux derniers rapports d’emploi ont montré une reprise. Par ailleurs, la croissance du PIB au troisième trimestre a confirmé une économie en expansion.

La victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle américaine constitue un nouveau facteur d’incertitude. Ses projets de tarifs douaniers et la perspective d’une augmentation des dépenses déficitaires pourraient générer des pressions inflationnistes, nécessitant potentiellement une politique monétaire plus restrictive.

Le président de la Fed, Jerome Powell, a toutefois souligné que ces changements politiques n’affecteraient pas les décisions monétaires de court terme, précisant que la Fed entend réagir lorsque les politiques concrètes seront en place.

CANADA : UN MARCHÉ DU TRAVAIL FRAGILE

Au Canada, la situation apparaît différente. Selon les économistes de la Financière Banque Nationale (FBN), le marché du travail montre des signes de faiblesse préoccupants, révèle un article d’Investment Executive. Malgré un taux de chômage stable en apparence, la baisse du taux de participation suggère un « effet de découragement » chez les travailleurs. Les analystes estiment que le taux de chômage réel pourrait atteindre 6,7 %, voire 7,7 % si le taux de participation retrouvait son niveau de 2023.

Face à ces indicateurs peu encourageants, la FBN anticipe une possible réduction de 50 points de base du taux directeur par la Banque du Canada en décembre, témoignant d’une approche plus agressive que son homologue américaine.

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La rédaction