Fintech : les investissements se maintiennent au Canada malgré le recul mondial

Par La rédaction | 28 February 2025 | Last updated on 28 February 2025
3 min read
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ArtemisDiana / iStock

Alors que les investissements mondiaux dans les technologies financières ont chuté à leur plus bas niveau en sept ans, le Canada fait figure d’exception. En 2024, le pays a enregistré 9,5 milliards de dollars américains (G$ US) d’investissements dans le secteur fintech, soit une hausse spectaculaire par rapport aux 1,1 G$ US investis en 2023.

Un chiffre qui contraste avec la tendance mondiale, marquée par un repli des financements sous l’effet d’un climat économique incertain, des tensions géopolitiques et d’une prudence accrue des investisseurs, selon le rapport Pulse of Fintech de KPMG International pour le deuxième semestre de 2024.

Deux transactions majeures ont pesé lourdement dans ce bilan : la privatisation de la société montréalaise Nuvei pour 6,3 G$ US — la plus importante transaction fintech au Canada et la deuxième plus élevée à l’échelle mondiale —, et un investissement privé d’un milliard de dollars dans Plusgrade, également basée à Montréal. Hormis ces deux opérations, les investissements dans le secteur fintech canadien ont atteint 2,2 G$, ce qui reste tout de même supérieur aux montants investis en 2022 et 2023.

DES INVESTISSEURS PRÉSENTS, MAIS PLUS SÉLECTIFS
Selon Dubie Cunningham, associée au sein du groupe Services bancaires et marchés de capitaux de KPMG au Canada et leader de la transformation technologique, le dynamisme du marché canadien s’explique par l’intérêt soutenu des fonds de capital-investissement pour des entreprises fintechs bien établies.

« Il est clair que les fonds de capital-investissement considèrent les entreprises de technologie financière canadiennes établies comme essentielles à leurs stratégies de croissance », souligne-t-elle. En 2024, cinq transactions ont dépassé les 140 millions de dollars américains (M$ US), dont quatre acquisitions par des fonds privés.

Les investisseurs en capital-risque ont également joué un rôle clé, injectant 1,09 G$ US dans 90 transactions. Parmi les levées de fonds les plus marquantes figurent :

  • les 260 M$ US pour Neo Financial (financement de série D) ;
  • les 210 M$ US pour Blockstream (obligations convertibles) ;
  • et les 140 M$ US pour KOHO, soutenue par PROPELR Growth et Rockefeller Capital.

PERSPECTIVES 2025 : UNE REPRISE EN VUE ?
Si 2024 a été marquée par une prudence généralisée, les perspectives pour 2025 laissent entrevoir un regain d’intérêt pour la fintech. Selon Georges Pigeon, associé au sein du groupe Services-conseils transactionnels de KPMG Canada à Montréal, plusieurs tendances devraient se renforcer, notamment :

  • la multiplication des transactions de privatisation,
  • l’acquisition de services financiers traditionnels par des fintechs
  • et une augmentation des investissements dans l’intelligence artificielle et la regtech (technologies de conformité réglementaire).

« Les investisseurs détiennent du capital à investir dans les entreprises de technologie financière canadiennes, mais ces dernières devront avoir une proposition de valeur très solide pour obtenir du financement », précise-t-il. Celles capables de répondre aux besoins des institutions financières avec des solutions performantes et évolutives auront une longueur d’avance.

Le rapport Pulse of Fintech identifie également les secteurs les plus prometteurs pour 2025 :

  • les paiements, qui restent le segment le plus attractif (31 G$ d’investissements mondiaux en 2024) ;
  • la regtech, portée par des régulations de plus en plus complexes ;
  • l’intelligence artificielle appliquée aux services financiers ;
  • les actifs numériques et les cryptomonnaies, dopés par une adoption institutionnelle croissante.

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La rédaction