Fraude financière : l’argent liquide plus vulnérable que les paiements électroniques

Par La rédaction | 13 August 2025 | Last updated on 12 August 2025
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Des mensonges sur l’argent. Pile de pièces d’or avec Pinocchio.
malerapaso / iStock

Alors que l’argent comptant demeure perçu comme le mode de paiement le plus sécuritaire par une majorité de Canadiens, il s’avère en réalité le plus risqué. Une nouvelle étude de Paiements Canada révèle que les utilisateurs de billets de banque sont près de trois fois plus susceptibles d’être victimes de fraude que ceux qui paient par carte de crédit.

Le sondage, mené par Léger auprès de 1500 Canadiens, révèle que 13 % des répondants ont été victimes d’une fraude de paiement au cours des six premiers mois de l’année — un taux stable par rapport aux années précédentes. Mais les chercheurs notent des changements dans les méthodes employées par les fraudeurs et la vulnérabilité de certains groupes démographiques.

Fait surprenant, c’est l’argent comptant qui est le plus souvent associé à la fraude, avec un taux de 22,4 incidents, contre 10,5 pour les cartes prépayées et 8,8 pour les cartes de crédit ou de débit.

« Les vieilles techniques continuent de prévaloir, comme le vol à la tire, et les arnaques impliquant des paiements en espèces, comme les escroqueries amoureuses, les arnaques liées aux frais d’avance et les escroqueries liées à l’usurpation d’identité. Les fraudeurs font constamment évoluer leurs techniques, ce qui exige une diligence continue de la part des consommateurs et de l’écosystème des paiements qui travaillent ensemble pour conserver une longueur d’avance », souligne Jon Purther, directeur de la recherche à Paiements Canada.

DES CIBLES PRIVILÉGIÉES
Certaines catégories de la population sont particulièrement vulnérables. Le quart des nouveaux arrivants au Canada rapportent avoir été victimes de fraude, soit près du double de la moyenne nationale. Les jeunes adultes (18-34 ans) représentent 58 % des victimes d’incidents récents, devant les Canadiens d’âge moyen (35-54 ans, 32 %) et les aînés (55 ans et plus, 24 %).

Dans un contexte où la fraude évolue constamment, la confusion règne : un Canadien sur trois (32 %) éprouve des difficultés à distinguer les communications légitimes des arnaques. Cette méfiance a un effet direct sur les comportements. Un répondant sur quatre affirme avoir déjà évité de répondre à une demande de paiement, par crainte de fraude — quitte à manquer le règlement d’une facture.

DES PERTES GÉNÉRALEMENT LIMITÉES
Parmi les victimes, 60 % déclarent avoir perdu de l’argent. Le plus souvent, les montants volés étaient inférieurs à 500 $, et la majorité des pertes ont été entièrement remboursées par les institutions financières. Les Canadiens plus âgés sont ceux qui ont le moins perdu financièrement, tandis que les plus jeunes sont les plus touchés.

Malgré les risques, une majorité de Canadiens (72 %) continue de percevoir l’argent comptant comme le mode de paiement le plus sûr, devant les virements Interac (60 %) et les cartes de crédit (55 %). Il y a donc un écart important entre perception et réalité.

DES MESURES DE PROTECTION ENCORE À AMÉLIORER
Les Canadiens ont adopté plusieurs bonnes pratiques, comme limiter la diffusion de renseignements personnels (78 %) ou utiliser des mots de passe complexes (70 %, en hausse marquée par rapport à 2024). L’authentification à deux facteurs gagne aussi en popularité (67 %). Néanmoins, des failles subsistent : 19 % utilisent encore le même mot de passe pour tous leurs comptes, et 6 % ont transmis des informations sensibles par courriel ou message texte.

« La fraude de paiement est un défi mondial […] et le Canada n’y échappe pas », reconnaît Donna Kinoshita, cheffe des paiements à Paiements Canada. Pour faire face à ces menaces, l’organisation mise sur la collaboration intersectorielle à travers l’alliance canadienne contre la fraude, qui réunit plus de 50 acteurs des milieux financiers, numériques, gouvernementaux et policiers.

Paiements Canada prévoit aussi d’intégrer un système centralisé de détection des fraudes dès le lancement de son futur réseau de paiements en temps réel, attendu dans les prochains mois.

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La rédaction