Fraude financière : quand le silence accroît la vulnérabilité

Par Nathalie Savaria | 17 June 2026 | Last updated on 16 June 2026
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Un homme âgé refuse de répondre à un appel provenant d’un numéro inconnu. Prévention des escroqueries et des fraudes avec le concept de smartphone.
ArtMarie / iStock

Bien que la majorité des répondants reconnaissent que parler de fraude financière aide à réduire les risques, ces conversations demeurent rares, tant au Québec qu’au Canada.

Au Québec, 58 % des répondants estiment qu’ils se sentiraient moins vulnérables à la fraude si les membres de leur famille en discutaient régulièrement et partageaient leurs connaissances sur le sujet. Or, seulement 18 % affirment avoir ce type de conversations de façon régulière.

En parallèle, 43 % déclarent ne jamais consulter de ressources ni demander de conseils sur la prévention de la fraude.

Ce silence s’explique aussi par la gêne : 20 % des Québécois affirment qu’ils seraient trop embarrassés de parler d’une arnaque dont ils auraient été victimes, et 27 % mentionnent avoir déjà hésité à raconter une expérience de fraude à leurs proches.

Le sondage de la TD révèle également que la question concerne particulièrement les relations familiales intergénérationnelles.

Ainsi, 64 % des Québécois se disent inquiets de la vulnérabilité des membres plus âgés de leur famille face aux fraudes, 56 % se sentant responsables de les informer sur ces risques.

Cela dit, 34 % ont l’impression d’être devenus la « police antifraude » de leurs proches plus âgés, et 25 % jugent stressant et exigeant de devoir informer leurs enfants, leurs parents ou les membres plus âgés de leur famille à ce sujet.

À l’échelle canadienne, le même constat se dégage : 62 % des répondants estiment que des conversations familiales régulières sur les arnaques les rendraient moins vulnérables, mais seulement 23 % indiquent que ces discussions ont réellement lieu.

Le fossé est encore plus marqué chez les jeunes : 52 % des membres de la génération Z déclarent qu’ils seraient trop gênés pour évoquer leurs expériences en matière de fraude, comparativement à 28 % de l’ensemble des Canadiens. Pourtant, 75 % d’entre eux affirment que des discussions familiales ouvertes les aideraient à se sentir mieux protégés.

L’étude citée a été réalisée par Léger pour TD entre le 18 décembre 2025 et le 5 janvier 2026 auprès de 1 517 adultes et 262 propriétaires d’entreprise canadiens.

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Nathalie Savaria

Nathalie Savaria a été rédactrice en chef de magazines dans le domaine de l’immobilier commercial. Elle est aujourd’hui journaliste indépendante.