IA au travail : l’absence de directives claires freine son adoption

Par La rédaction | 4 November 2024 | Last updated on 1 November 2024
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Thinking AI humanoïde robot analysant l’écran hologramme montrant le concept Big Data.
NanoStockk / iStock

L’intelligence artificielle (IA) a le potentiel d’améliorer la productivité au travail. Cependant, son adoption par les employés est inégale dans les entreprises en raison notamment d’un manque de directives claires de la part des dirigeants, selon une étude récente de Slack, une plateforme de collaboration, auprès de 5 000 employés de bureau dans le monde.

Sur l’ensemble des répondants, seulement la moitié utilisent l’IA au travail. L’étude a défini cinq profils d’utilisateurs selon leur degré d’adoption de la technologie. Il y a les « maximalistes » et les « clandestins ». Les premiers adoptent pleinement l’IA et partagent ouvertement son utilisation, tandis que les seconds l’utilisent en secret par crainte d’être perçus comme incompétents ou comme des tricheurs. Les autres catégories sont plus réfractaires à l’IA. Les « rebelles » (19 % des répondants) ne veulent rien savoir de l’IA. Le « super admirateur » est enthousiaste, mais ne l’a pas encore utilisée. « L’observateur » adopte quant à lui une position attentiste.

« Cela montre que les gens vivent l’IA de manières très différentes, et qu’ils ont donc des émotions très variées à son égard. Comprendre ces émotions aidera à comprendre ce qui va motiver l’utilisation de la technologie. Si les gens se sentent coupables ou nerveux à ce sujet, ils ne l’utiliseront pas. Nous devons donc comprendre où se situent les gens, puis les orienter vers l’apprentissage de la valorisation de cette nouvelle technologie », explique Christina Janzer, vice-présidente de la recherche et de l’analyse chez Slack, à Associated Press. Elle considère notamment que les « clandestins », qui représentent une portion importante des utilisateurs de l’IA au travail, devraient être encouragés à l’utiliser ouvertement.

Actuellement, trois employés sur cinq n’ont pas reçu de directives claires de leur entreprise concernant l’utilisation de l’IA, ce qui n’encourage pas son adoption. Selon l’étude, les organisations devraient développer une culture qui valorise l’IA comme un outil, et non comme une menace. Pour ce faire, les employeurs peuvent notamment encourager les employés à utiliser l’IA en public,suggère Christina Janzer. « Si nous pouvons créer une culture où elle est célébrée, ils peuvent alors être inspirés. » Les entreprises peuvent également favoriser l’expérimentation et inciter les employés à essayer la technologie afin de s’y habituer. Cela peut débuter par des tâches simples, comme demander à l’IA d’écrire un courriel ou de résumer un texte, illustre-t-elle.

L’utilisation de l’IA peut aussi être un outil de motivation et de rétention des talents, alors que les employés de bureau déclarent consacrer en moyenne un tiers de leur journée à des tâches qu’ils considèrent comme peu valorisantes.

Christina Janzer souligne qu’une majorité des rebelles sont des femmes, qui perçoivent l’IA comme une menace pour leur emploi. « Cela montre que les femmes ne se sentent pas aussi en confiance que les hommes sur le lieu de travail », estime la vice-présidente. Cet écart est plus important au sein de la génération Z, où les hommes sont 25 % plus susceptibles d’avoir essayé des outils d’IA que les femmes.

Face à la crainte de perdre des emplois à cause de l’IA,Christina Janzer estime que « les personnes qui utilisent l’IA finiront par remplacer celles qui ne l’utilisent pas ».

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La rédaction