IA : une arme à double tranchant pour la Gen Z

Par La rédaction | 17 December 2025 | Last updated on 16 December 2025
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Un cyberespace numérique avec des particules et une connexion à un réseau de données numériques
Wirestock / iStock

L’intégration rapide de l’intelligence artificielle (IA) dans les services financiers bouleverse les débuts de carrière, en particulier pour la génération Z, qui entre sur le marché du travail au moment où les postes d’entrée évoluent ou disparaissent, révèle une étude mondiale de Randstad, relayée par l’AGEFI.

À l’échelle mondiale, le nombre d’offres destinées aux candidats ayant moins de deux ans d’expérience a reculé de 29 points depuis janvier 2024. La finance est particulièrement touchée, avec une baisse de 24 points des postes d’entrée. Ce recul s’explique en grande partie par l’automatisation des tâches habituellement confiées aux profils juniors, souligne Randstad.

Pour Antonin Decosse, directeur des opérations de recrutement de l’agence d’intérim Expectra, cette évolution ne peut toutefois être réduite à l’IA. Le phénomène est « structurel » et s’inscrit dans un mouvement plus large qui touche l’ensemble des professions.

Les compétences en chaîne de blocs, en IA générative, en analyse de données et en expertise réglementaire figurent désormais parmi les plus recherchées dans le secteur financier, selon le baromètre salarial 2025 de Randstad.

Malgré ces défis, la finance reste un secteur attractif pour les jeunes diplômés, selon l’expert. Les employeurs doivent en profiter pour revoir leurs attentes, clarifier les compétences requises et repenser les parcours proposés aux nouveaux arrivants.

La majorité des jeunes travailleurs perçoivent l’IA comme une opportunité, révèle l’étude :

  • 55 % se disent enthousiastes face au potentiel de l’IA, davantage que la Gen X (49 %) et les baby-boomers (41 %).
  • 53 % utilisent déjà l’IA pour résoudre des problèmes au travail (48 % au Canada).
  •  74 % s’en servent pour acquérir de nouvelles compétences, devant les millénariaux (62 %), la Gen X (54 %) et les baby-boomers (36 %).
  • 50 % l’exploitent pour rédiger des candidatures ou préparer des entretiens.

Toutefois, en un an, la proportion de jeunes préoccupés par l’impact de l’IA sur leur emploi est toutefois passée de 42 % à 52 %, ce qui traduit une inquiétude grandissante face à cette technologie.

L’étude souligne également un retard important dans la formation des jeunes à l’IA. L’accès demeure inégal : les cols blancs sont davantage formés (50 %) que les travailleurs opérationnels (35 %), et les hommes plus souvent que les femmes (46 % contre 38 %).

Ces écarts se traduisent dans l’utilisation quotidienne de l’IA : 66 % des jeunes occupant des postes administratifs déclarent l’utiliser, contre 46 % dans les rôles opérationnels.

Environ 79 % des jeunes de la génération Z affirment pouvoir acquérir rapidement de nouvelles compétences. Pourtant, ils font face à un paradoxe : ils demeurent la génération la plus souvent écartée pour manque d’expérience ou de maîtrise technique, malgré leur aisance avec les technologies numériques.

Pour les institutions financières, l’enjeu dépasse la simple attraction de talents. Elles doivent intégrer une génération qui valorise la flexibilité, l’équité et la santé mentale, tout en recherchant une progression de carrière claire.

Le développement des compétences demeure important pour la génération Z, à condition qu’il soit lié à des perspectives concrètes d’évolution et de mobilité professionnelle.

Pour retenir les jeunes talents, les employeurs doivent moderniser leurs stratégies de formation, intégrer l’apprentissage dans le quotidien du travail et offrir des parcours qui tirent parti de leur maîtrise des outils numériques, selon le rapport.

Alors que les postes juniors se raréfient, l’IA pourrait permettre aux jeunes de contribuer plus rapidement à des missions stratégiques et à forte valeur ajoutée, à condition que l’encadrement, le mentorat et les possibilités de développement soient au rendez-vous.

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La rédaction