Le plafond de verre de la finance : quand les femmes prennent la lumière

Par Anabelle Corbeil | 28 July 2025 | Last updated on 25 July 2025
4 min read
Femme d’affaires ambitieuse restant confiante et forte dans la ville.
PKpix / iStock

BRISER LES CHAÎNES DE L’ÉPARGNE : VERS UNE RÉVOLUTION FÉMININE

Dans l’arène de l’investissement, la route vers l’indépendance financière se dessine bien souvent à contre-courant pour celles qui osent s’y aventurer. L’accès à la prospérité demeure semé d’embûches, entre disparités salariales persistantes et confiance à bâtir. Si le statu quo perdure, les femmes risquent de voir s’effriter leur espérance de croissance patrimoniale, en particulier pour la retraite et les placements à long terme.

FEMMES D’AFFAIRES : LE COURAGE DES PIONNIÈRES

À la fin de 2024, les entreprises majoritairement détenues par des femmes ne représentaient que 20,9 % du tissu entrepreneurial privé selon l’Enquête canadienne sur la situation des entreprises. Un chiffre révélateur d’un terrain encore à conquérir.

Bien que le nombre d’entrepreneures croisse, l’écart de rémunération reste criant : bon nombre d’entre elles plafonnent sous la barre des 50 000 $ par an, quand leurs homologues masculins franchissent ce seuil. Seulement 4 % du capital-risque accordé au pays soutient les entreprises féminines, une réalité qui freine leur essor selon Statistique Canada. Plus que jamais, la solidarité entre femmes d’affaires s’annonce comme un levier incontournable.

STRUCTURES FRAGILES, POTENTIELS LIMITÉS

Au Canada, environ 38 % des femmes déclarent manquer d’information et de soutien financier, selon Statistique Canada.

Ce choix résulte d’un manque d’éducation ou d’une crainte du jugement d’un expert. Pourtant, une structure solide offre des avantages essentiels : protection des biens personnels, dispositifs fiscaux et options de financement variées. L’incorporation ne se résume pas à une formalité administrative : elle permet de mieux protéger les biens personnels en cas de difficultés, d’accéder à des dispositifs fiscaux avantageux et d’ouvrir la porte à un éventail plus large de financements, notamment auprès d’investisseurs ou de programmes réservés aux sociétés formelles.

Ce déficit d’incorporation freine la croissance et la pérennité des entreprises détenues par des femmes. Sans cette structure, il devient plus difficile de bâtir une assise solide, de planifier l’expansion, voire d’attirer de nouveaux partenaires. Encourager l’incorporation ne relève pas seulement d’une volonté d’égalité, mais d’une stratégie pour permettre aux femmes de prendre pleinement leur place dans l’économie, avec des outils adaptés à leurs ambitions, mais comment y arriver ?

OSER L’AUDACE ET L’APPRENTISSAGE : LE PORTRAIT D’UNE NOUVELLE GÉNÉRATION

Derrière le dynamisme féminin, une soif inaltérable de connaissances se profile. Nombreuses sont celles qui se lancent en affaires sans toujours vérifier la robustesse de leurs fondations. Pourtant, les investisseuses font preuve d’une efficacité remarquable : selon Fidelity, les portefeuilles gérés par des femmes surperforment ceux des hommes de 0,4 % annuellement. Un écart qui, combiné à la magie des intérêts composés, prend tout son sens sur la durée.

Pour briser ce cercle et permettre l’essor du potentiel entrepreneurial féminin, il est essentiel d’être bien entourée. Il existe aujourd’hui des professionnelles et des réseaux spécialement dédiés à l’accompagnement des femmes en affaires : des expertes qui comprennent les défis propres à leur réalité, offrent des conseils adaptés et savent guider chacune vers des solutions concrètes. Par exemple, le Réseau des femmes d’affaires du Québec (RFAQ) ou l’Association des femmes en finance du Québec AFFQ proposent des séances ainsi que des panels inspirants offrant aux femmes des outils financiers adaptés à leurs besoins.

Cette solidarité et cette expertise au féminin deviennent des alliées incontournables pour bâtir des fondations solides et oser l’expansion, non plus en solitaire, mais en s’appuyant sur une communauté bienveillante et aguerrie.

RÉINVENTER LA FINANCE : UN MÉTIER À FAIRE FLEURIR AU FÉMININ

Le secteur du conseil financier peine à sortir de son carcan masculin, les deux tiers des conseillers étant des hommes au Canada, selon la Banque Nationale. Cette monoculture explique en partie la lente évolution des pratiques et des politiques : la réalité des femmes tarde à être prise en compte.

MAIS LES CONSEILLÈRES CHANGENT LA DONNE : ON FAIT LA DIFFÉRENCE

Bien plus que de simples accompagnatrices, les conseillères en services financiers se distinguent par leur approche humaine et empathique. Elles se positionnent comme de véritables partenaires pour les femmes entrepreneures, comprenant intimement les réalités, les ambitions et les défis particuliers à chaque parcours.

Pour permettre aux femmes entrepreneures de réaliser pleinement leur potentiel, il est impératif d’offrir l’accès à des outils financiers, à l’incorporation et à des réseaux solidaires qui constituent un levier essentiel pour leur croissance. En réinventant la finance avec une perspective inclusive, on favorise non seulement l’essor des femmes en affaires, mais aussi la vitalité de l’économie dans son ensemble.

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Anabelle Corbeil

Fonceuse, ambitieuse, et déterminée, Anabelle Corbeil est passionnée par les stratégies financières et l’optimisation fiscale. Cette collaboratrice externe auprès de Conseiller.ca accompagne ses clients à la Financière Banque Nationale en tant que conseillère en gestion de patrimoine associée, fiscaliste et planificatrice financière. Son objectif est de les aider à structurer leur patrimoine, maximiser leur croissance et atteindre leurs ambitions financières en toute confiance.

Grâce à sa formation en fiscalité et en planification financière, soit un baccalauréat en finance de l’ESG UQAM (2023) et une maîtrise en fiscalité de l’Université de Sherbrooke (2024), elle apporte une approche stratégique et personnalisée à chaque situation. Lauréate du prix Relève RBC au gala Les Talentueuses de l’Association des femmes en finance du Québec (2023), Anabelle Corbeil est ambassadrice de l’Institut de planification financière.