Les banques doivent dévoiler leur ratio de financement à l’énergie

Par La Presse Canadienne | 2 April 2025 | Last updated on 1 April 2025
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Oléoduc au coucher du soleil.
bjdlzx / iStock

Le réchauffement planétaire pousse certains investisseurs à exiger des banques d’être plus transparentes sur les progrès qu’elles réalisent sur la réduction des gaz à effet de serre.

Une des façons de faire est de convaincre les banques de dévoiler les financements pour les projets d’énergie renouvelable, et de les comparer avec ceux pour des projets énergétiques à haute teneur de carbone.

Créé il y a trois ans par le groupe de recherche BloombergNEF, le ratio de financement à l’énergie permet de mesurer comment les banques saisissent les occasions d’investissement pour la transition énergétique au lieu de se contenter de les critiquer pour financer des projets à haute teneur de carbone, explique Katrina White, une des partenaires de la firme.

« Les gens veulent qu’on parle des solutions pour contre les changements climatiques. Les gens veulent qu’on aille au-delà de la dénonciation des entreprises et du cadrage négatif du problème ».

Cette mesure met davantage l’accent sur le financement des projets d’énergie renouvelable, ajoute-t-elle.

« Les institutions financières et les intervenants du secteur privé n’ont jamais été très emballés par l’idée de réduire les investissements. »

Amanda Carr, directrice associée de l’organisation SHARE, dit que ce ratio de financement à l’énergie permet de sortir du brouillard et d’avoir une comparaison directe dollar pour dollar.

« Le ratio est en train de devenir un élément central parce qu’il permet aux banques d’articuler comment elles tiennent plus compte des projets énergétiques de transition », explique-t-elle.

SHARE, une organisation offrant des services d’investissement responsable, de recherche et de formation, et le plus important fonds de pension du Danemark, proposent à la Banque Scotia, à la Banque de Montréal, à la Toronto-Dominion et à la CIBC de calculer ce ratio à leur place.

BloombergNef publie déjà des rapports fondés sur ces propres formules. Toutefois, certaines données, comme les prêts directs ou les crédits privés, ne sont connues que des seules banques, rappelle Amanda Carr.

La Banque Royale deviendrait la première institution à publier un rapport fondé sur ses propres calculs à la suite des pressions exercées par le fonds de pension de la ville de New York.

La Banque Scotia a accepté de le dévoiler l’an prochain, mais ses autres concurrentes ne l’imiteront pas. Elles soulignent qu’elles ont déjà divers indicateurs et les façons de calculer ce ratio ne font pas l’unanimité.

« Le ratio de financement à l’énergie ne procure aucun aperçu additionnel dans la stratégie de la Banque de Montréal », souligne l’entreprise en ajoutant qu’on ne peut pas comparer les secteurs pétrolier et gazier aux ressources renouvelables.

Amanda Carr dit que les intervenants discutent de plus en plus de l’établissement d’une méthodologie normalisée.

En janvier, BloombergNEF avait calculé que le ratio de la Banque de Montréal ne consacrait que 23 cents à l’énergie à faible teneur en carbone pour chaque dollar consacré à l’approvisionnement en combustibles fossiles, le plus faible parmi toutes les grandes banques mondiales.

Les autres banques canadiennes font un peu mieux : la TD est à 41 cents, la Banque Scotia à 43 cents, la Banque Royale à 47 cents et la CIBC à 72 cents.

Les banques canadiennes ont même contribué à faire baisser la moyenne mondiale de cette donnée, qui s’élève à 89 cents.

Nous sommes loin du ratio de quatre pour un qui permettrait au cours de cette décennie de limiter le réchauffement de la planète à 1,5 degré Celsius d’ici 2030, selon BloombergNEF.

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