Investissement responsable : appel lancé aux institutions financières

Par La rédaction | 5 March 2025 | Last updated on 4 March 2025
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Femme d'affaires tenant un arbre miniature entre les mains.
Photo : turk_stock_photographer / iStock

Environ une trentaine d’acteurs financiers canadiens, gérant près de 53 milliards de dollars (G$) d’actifs, exhortent les institutions financières à continuer leurs efforts en matière d’investissement responsable.

Un regroupement de propriétaires et de gestionnaires d’actifs canadiens, comprenant des fondations, des fonds de dotation, des universités et des régimes de retraite, vient en effet de publier une déclaration demandant aux institutions financières canadiennes de respecter leurs objectifs de décarbonation.

UN RETRAIT PRÉOCCUPANT ET DÉCEVANT

Cette déclaration s’inscrit dans la foulée du retrait d’institutions financières canadiennes de la Net Zero Banking Alliance (NZBA) et de l’initiative Net Zero Asset Manager (NZAM).

Les organisations signataires de la déclaration se disent « préoccupées » et déçues par ce retrait, alors que ces alliances offrent des cadres facilitant « la transparence, la comparabilité et les progrès en finance durable ».

UN RISQUE FINANCIER BIEN RÉEL

Dans leur appel, les organisations financières expriment leur profonde préoccupation quant aux impacts écologiques, sociaux et économiques des changements climatiques.

« Nous en subissons déjà les conséquences sous la forme d’inondations, d’ouragans, de sécheresses et de feux de forêt dévastateurs », affirment les signataires.

D’après le Bureau d’assurance du Canada, l’année 2024 a été la plus coûteuse jamais enregistrée, avec des pertes de plus de 8,5 G$ dues à des événements météorologiques extrêmes.

Les signataires rappellent que les experts scientifiques ont indiqué clairement qu’un réchauffement climatique dépassant 1,5 °C risque de déclencher des points de bascule climatiques, causant des effets en cascade irréversibles pour les générations actuelles et futures.

UN APPEL À UN ENGAGEMENT RENOUVELÉ

Selon le communiqué qui accompagne la déclaration, plusieurs signataires se sont engagés à contribuer directement à résoudre la crise climatique, reconnaissant les risques qu’un climat instable « fait peser sur leur capacité à générer des rendements durables à long terme », comme l’exige leur devoir fiduciaire envers leurs bénéficiaires.

Les organisations signataires demandent donc notamment aux banques et gestionnaires d’actifs de continuer à aligner leurs activités sur ces trois principes :

  1. Respecter leurs engagements de carboneutralité d’ici 2050 ou plus tôt.
  2. Fixer des objectifs rigoureux et fondés sur des données scientifiques pour 2030, en se concentrant sur les secteurs à fortes émissions, les mettre à jour au moins tous les cinq ans.
  3. Fournir des rapports d’avancement annuels et normalisés sur les réductions d’émissions, les stratégies de transition et les efforts d’engagement afin de renforcer la responsabilité et la confiance.

LA FINANCE DURABLE SE CONSOLIDE

Selon des études récentes, le secteur de la finance durable continue de se consolider au Canada, malgré des vents contraires en provenance des États-Unis.

Ainsi, d’après une enquête de Millani en février, près de 93 % des 27 investisseurs institutionnels canadiens interrogés appliquent des critères ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance) dans leurs décisions, rapporte le communiqué.

« Les institutions financières jouent un rôle essentiel dans la transition du Canada vers une économie carboneutre, affirme Eric St-Pierre, directeur général de la Fondation de la famille Trottier et signataire de la déclaration. Leur capacité à gérer le risque climatique et à aligner leur capital sur les objectifs de l’économie nette zéro est essentielle à la fois pour maintenir une planète vivable et une stabilité économique à long terme. C’est pourquoi notre coalition compte sur leur leadership en cette période charnière. »

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La rédaction