Investisseurs pessimistes, marchés optimistes

Par La rédaction | 14 March 2025 | Last updated on 13 March 2025
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Couple inquiet utilisant son ordinateur portable pour payer ses factures à la maison, dans le salon
WavebreakmediaMicro / AdobeStock

Les inquiétudes liées à la correction récente des marchés s’intensifient et attisent le pessimisme. Ce sentiment pourrait, paradoxalement, annoncer un rebond, affirme Advisorpedia.

Selon l’American Association of Individual Investors (AAII), 60,6 % des investisseurs individuels se déclarent pessimistes, un niveau inédit depuis septembre 2022. Or, l’histoire des marchés montre que les périodes de pessimisme extrême sont souvent suivies de reprises importantes.

D’après la firme de recherche SentimenTrader, lors des cinq derniers épisodes où le pessimisme dépassait 60 %, le rendement moyen du marché atteignait 14,26 % six mois plus tard, et 22,35 % au bout d’un an. Le S&P 500, quant à lui, s’est redressé dans 80 % des cas après six mois et a affiché un rendement positif après un an dans tous les cas.

UN PESSIMISME DÉCONNECTÉ DE LA RÉALITÉ

Actuellement, le sentiment baissier des investisseurs individuels est comparable à celui observé lors de corrections majeures, comme la crise financière de 2008 ou la pandémie de 2020. Pourtant, la correction actuelle ne représente qu’une baisse d’environ 3 % du rendement moyen, bien loin des reculs enregistrés lors de ces événements.

Ce décalage s’explique en partie par des biais comportementaux comme l’effet de troupeau et l’aversion aux pertes. Le CFA Institute prévient que ces biais poussent les investisseurs à prendre des décisions irrationnelles, comme vendre au plus bas du marché et racheter trop tard, ce qui nuit à leur performance à long terme.

UN CLIMAT D’INCERTITUDE PERSISTANT

Plusieurs facteurs nourrissent le climat anxiogène. Les valorisations restent élevées, tandis que la politique monétaire est imprévisible, que l’économie ralentit et que l’épargne des ménages s’amenuise. Par ailleurs, les taux d’intérêt élevés et l’inflation persistante ajoutent une pression supplémentaire.

Cependant, l’expérience montre qu’il est rarement judicieux de céder à la panique. Plutôt que de réagir aux fluctuations du marché, une approche disciplinée s’impose, suggère Advisorpedia. Parmi les stratégies à adopter, les investisseurs devraient maintenir un fonds d’urgence suffisant afin d’éviter d’avoir à vendre des titres en cas de besoin de liquidités. Ils devraient également opter pour un horizon d’investissement de cinq à sept ans afin d’absorber les fluctuations à court terme et d’éviter les décisions hâtives. Éviter de vérifier son portefeuille quotidiennement est par ailleurs une bonne façon d’éviter de se ronger les sangs. Une autre possibilité consiste à vendre certains titres en perte afin de réduire l’impôt sur les gains futurs.

Dans un contexte incertain, il est recommandé d’investir dans des entreprises qui affichent une croissance stable des bénéfices et versent des dividendes réguliers, qui ont peu de dettes et un flux de trésorerie positif ainsi que celles qui ne sont pas trop gourmandes en liquidités.

L’essentiel est de ne pas se laisser dicter ses décisions par le pessimisme ambiant, souligne Advisorpedia. Un rebond du marché pourrait survenir plus tôt que prévu. De plus, les périodes de volatilité offrent souvent des occasions de réajuster les portefeuilles et de se positionner pour l’avenir.

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La rédaction