La Banque du Canada montrée du doigt

Par La rédaction | 25 October 2024 | Last updated on 24 October 2024
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L’homme penche une échelle contre une grande pile de pièces surmontée d’un symbole de taux d’intérêt.
DNY59 / iStock

Un nouveau rapport de l’Institut C.D. Howe soutient que les politiques monétaires de la Banque du Canada auraient amplifié les pressions inflationnistes après la pandémie.

Intitulé « Bumps in the Road : The Ever-Evolving Monetary Policy in Canada », ce rapport rédigé par Ke Pang et Christos Shiamptanis, deux professeurs agrégés au département d’économie de l’Université Wilfrid Laurier, analyse l’évolution des réponses de la Banque du Canada à l’inflation et à la conjoncture économique, depuis l’adoption d’un régime de ciblage de l’inflation en 1991.

S’appuyant sur un nouvel ensemble de données des projections économiques du personnel de la Banque du Canada, les auteurs examinent la façon dont les données historiques et les prévisions en temps réel dont disposaient les décideurs de l’époque ont influencé les décisions monétaires clés.

« Nous constatons un changement dans la réponse de la Banque au cours des deux dernières décennies. Elle a progressivement intensifié sa réponse à l’état de l’économie et est passée d’écarts temporaires à des écarts d’inflation plus persistants », explique Christos Shiamptanis.

« Nous observons également que la Banque a réagi différemment aux écarts futurs positifs et négatifs de l’inflation. Cette réponse asymétrique a entraîné un retard dans les hausses de taux d’intérêt après la pandémie de COVID-19, ce qui a maintenu l’inflation au-dessus de l’objectif plus longtemps que prévu », ajoute Ke Pang.

Les deux auteurs soulignent l’importance des données en temps réel pour comprendre le processus décisionnel de la Banque du Canada.

Ke Pang et Christos Shiamptanis soutiennent en effet que l’intérêt croissant de la Banque pour l’écart de production et les écarts négatifs de l’inflation a joué un rôle dans les pressions inflationnistes prolongées subies après la pandémie. 

Selon eux, même si cette évolution de la politique monétaire de la Banque a pu être appropriée dans d’autres périodes économiques, elle a contribué à retarder les hausses de taux d’intérêt lorsque l’inflation a augmenté rapidement après la pandémie.

Les auteurs estiment que l’approche asymétrique de la Banque, qui met l’accent sur les écarts négatifs de l’inflation (en deçà de l’inflation cible) plutôt que sur les écarts positifs, a retardé les ajustements nécessaires aux politiques monétaires.

Bien qu’elle ait été appropriée dans d’autres périodes économiques, notent les auteurs, cette approche a finalement entraîné des hausses de taux plus marquées et plus agressives en 2022 que ce qui aurait été nécessaire avec une intervention antérieure.

« Il est évident qu’une approche plus symétrique, c’est-à-dire en réagissant de la même manière aux écarts positifs et négatifs de l’inflation, aurait pu atténuer la sévérité du resserrement politique requis », juge Ke Pang.

Finalement, le rapport constate également un certain retard dans l’introduction des récentes baisses de taux.

« Les baisses du taux directeur de juin, juillet et septembre auraient pu être introduites plus tôt cette année », déclare Christos Shiamptanis.

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La rédaction