La Banque du Canada tracera sa propre voie en 2025

| 10 December 2024 | Last updated on 9 December 2024
4 min read
Façade du bâtiment de la Banque du Canada sur la colline du Parlement canadien par une belle journée.
AdobeStock/Jeff Whyte

Les banques centrales du monde ont « largement gagné » leur combat contre l’inflation, selon les prévisions 2025 de Placements Mackenzie. Cependant, au Canada, la Banque du Canada ne peut actuellement se permettre de diminuer la pression sur les taux d’intérêt à court terme.

« La Banque du Canada est confrontée à un jeu de cartes différent de celui de la Réserve fédérale américaine, explique Lesley Marks, responsable en chef des investissements chez Placements Mackenzie, en entrevue avec Advisor.ca. L’économie canadienne a tendance à ralentir depuis le milieu de l’année dernière. »

Selon Lesley Marks, le Canada a été plus durement touché que les États-Unis par la hausse post-pandémique des taux d’intérêt. Ainsi, bien qu’elle ait atteint son objectif d’inflation, la banque centrale a encore du pain sur la planche pour la nouvelle année. Il faut donc s’attendre à ce que la Banque du Canada suive sa propre voie en 2025, estime Lesley Marks.

« Elle disposera d’une voie indépendante pour réduire ses taux, prédit-elle. On peut supposer que les réductions de l’immigration entreront également en ligne de compte. […] Face à une population stable ou en légère diminution, il sera très difficile pour le Canada de connaître une croissance économique. »

Cependant, Placements Mackenzie ne prévoit pas de récession au Canada pour l’année à venir. Lesley Marks est d’avis qu’une nouvelle vague d’inflation pourrait néanmoins survenir, en raison de la menace du président élu américain Donald Trump d’imposer des droits de douane de 25 % sur les produits canadiens. « Il est réaliste de penser que l’inflation pourrait commencer à augmenter, tant aux États-Unis qu’au Canada, résume-t-elle. Cela entrera en ligne de compte dans la prise de décision de la Banque du Canada, et il sera peut-être plus difficile d’agir […] pour soutenir l’économie canadienne. »

Si les baisses de taux se poursuivent, le huard en pâtira. « Nous pensons que la nouvelle fourchette de négociation pourrait se situer entre 69 et 72 cents », rapporte Lesley Marks.

Selon La Presse Canadienne, le 26 novembre, le dollar canadien a enregistré son plus bas niveau depuis 2020 à la suite de la menace de Donald Trump d’imposer des tarifs douaniers.

La baisse des taux d’intérêt sera toutefois bénéfique pour le marché obligataire. « Nos attentes pour les titres à revenu fixe en général sont des rendements positifs modestes, assure Lesley Marks. Le secteur des obligations d’entreprise de qualité supérieure offrira un peu plus de rendement. »

Placements Mackenzie anticipe également un élargissement continu du marché boursier américain, au-delà des « Sept Magnifiques », tendance amorcée après l’élection présidentielle américaine. La promesse d’une réduction de l’impôt sur les sociétés devrait avoir un impact significatif sur les actions des petites et moyennes entreprises, car les grandes sociétés bénéficient déjà d’une gestion fiscale très optimisée. La firme suggère également que le programme de déréglementation du président élu Donald Trump aura un effet positif similaire.

« Nous pensons qu’il s’agira d’un catalyseur pour un cycle de fusions et d’acquisitions, déclare Lesley Marks. Bien qu’il ait été largement évoqué dans le contexte des sociétés financières, nous pensons plus généralement qu’un cycle de fusions-acquisitions dans l’ensemble de l’économie américaine pourrait stimuler les sociétés cibles, qui ne sont généralement pas des méga-capitalisations. »

RETOUR AU TRAVAIL

La société Colliers, spécialisée dans la gestion d’investissements et les services immobiliers commerciaux, a également quelques points de vue intéressants sur l’année à venir.

La première est une augmentation du mouvement de retour au bureau, en raison de la hausse du chômage. « On assiste à un changement dans la dynamique du pouvoir, selon Johann Rodrigues, vice-président des marchés des capitaux chez Colliers. Les employeurs rappelleront plus de gens au travail. Je pense que les taux d’utilisation des bureaux augmenteront quelque peu. »

Selon Johann Rodrigues, les principaux bénéficiaires de cette tendance seront les immeubles de classe B dans les centres-villes « où il y a encore un peu de faiblesse ».

Alors que les investisseurs institutionnels continuent d’évaluer les opportunités d’investissement alternatif, Johann Rodrigues estime que l’immobilier commercial, notamment les logements pour personnes âgées, les résidences étudiantes, les installations de libre-entreposage et les centres de données, devrait en tirer profit.

« De plus en plus d’institutions souhaitent investir dans ces biens, et les particuliers fortunés tout comme les family offices pensent de la même manière. »

Abonnez-vous à nos infolettres