La BdC détient la clé de la vigueur des dépenses

Par James Langton | 25 February 2025 | Last updated on 24 February 2025
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Façade du bâtiment de la Banque du Canada sur la colline du Parlement canadien par une belle journée.
AdobeStock/Jeff Whyte

Malgré des vents contraires comme les taux d’intérêt élevés et la hausse du chômage, les dépenses de consommation au Canada se sont maintenues l’an dernier. Alors que les vents contraires démographiques s’intensifient, la Banque du Canada (BdC) détient la clé pour maintenir l’élan des dépenses en 2025, selon le Mouvement Desjardins.

Dans un nouveau rapport, les économistes de Desjardins constatent que, bien que les ménages aient été confrontés à des défis financiers en 2024 — qu’il s’agisse du renouvellement des prêts hypothécaires à des taux plus élevés ou de la hausse du chômage — les dépenses de consommation n’ont pas souffert autant qu’on le craignait.

« Habituellement, un taux de chômage national élevé entraîne un ralentissement de la croissance des dépenses et une augmentation des arriérés hypothécaires. Ce n’était pas le cas l’année dernière », indique le rapport.

Les dépenses se sont maintenues en grande partie parce que la hausse du chômage a touché les immigrés et les jeunes diplômés, qui ne représentent généralement pas une part importante des dépenses des ménages, tandis que les licenciements de travailleurs plus expérimentés sont restés peu nombreux.

« Il est important de noter que cela signifie que les ménages qui ont obtenu une approbation et qui ont contracté une dette importante ont maintenu des revenus stables, et que la hausse des salaires a stimulé le pouvoir d’achat des travailleurs employés, en particulier des travailleurs moins bien rémunérés. »

« Étant donné que ces employés ont tendance à recycler les gains de revenus en dépenses relativement rapidement, une telle croissance des salaires a probablement contribué à la résilience des dépenses en 2024 », précise l’étude.

À l’avenir, les dépenses des ménages seront de plus en plus confrontées aux efforts déployés par le gouvernement fédéral pour ralentir la récente et rapide croissance démographique.

Le rapport note que, jusqu’à présent, cela s’est traduit par une forte baisse du nombre d’étudiants étrangers, qui ne contribuent pas beaucoup à la consommation des ménages.

« Par conséquent, nous restons prudemment optimistes et estimons que la croissance des dépenses des ménages ralentira légèrement en 2025, selon le rapport. Cependant, cela dépend en grande partie du fait que les Canadiens dépensent davantage par habitant. »

À cet égard, le fait que l’inflation ait diminué et que les revenus augmentent plus rapidement que les prix à la consommation, ce qui est « un ingrédient nécessaire à l’accélération de la croissance des dépenses par personne », est un signe positif.

Mais des taux d’intérêt plus bas seront également nécessaires au cours de l’année à venir.

« Étant donné que de nombreux prêts hypothécaires risquent de subir des chocs importants lors de leur renouvellement cette année, la Banque du Canada devra continuer à réduire ses taux d’intérêt afin de limiter les arriérés. »

En effet, le rapport indique que la banque centrale « détient la clé pour éviter un ralentissement majeur de l’économie. La réduction des taux n’est pas une solution miracle, mais c’est probablement le meilleur espoir pour l’économie cette année ».

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James Langton

James Langton est journaliste pour Advisor.ca et Investment Executive. Depuis 1994, il fait des reportages sur la réglementation, le droit des valeurs mobilières, l’actualité de l’industrie et plus encore.