La BdC maintien son taux directeur

Par La rédaction | 4 June 2025 | Last updated on 4 June 2025
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Façade de la Banque du Canada.
Marc Dufresne / iStock

Comme la plupart des experts l’avaient prévu, la Banque du Canada (BdC) a choisi de maintenir son taux directeur à 2,75 %.

Cette décision arrive au lendemain d’un nouveau revirement dans la guerre tarifaire opposant le Canada et les États-Unis. En effet, le président américain Donald Trump a signé mardi un décret doublant les droits de douane sur l’acier et l’aluminium, les faisant passer à 50 %. Ces nouvelles surtaxes sont entrées en vigueur dès les premières heures de la journée.

Dans son communiqué de presse, la banque centrale évoque directement ces turbulences commerciales. « Depuis la publication du Rapport sur la politique monétaire d’avril, l’administration américaine a continué d’augmenter et de baisser différents droits de douane », illustrant l’incertitude persistante entourant cette guerre commerciale.

« L’issue [des négociations entamées avec bon nombre de pays] est très incertaine, les taux tarifaires se situent bien au-dessus des niveaux du début de 2025, et des menaces de nouvelles mesures commerciales continuent de planer. L’incertitude reste élevée. »

Malgré ces turbulences, l’économie mondiale s’est montrée très résiliente au cours des derniers mois. Chez nos voisins du Sud, la demande intérieure est encore relativement vigoureuse, toutefois la progression des importations a freiné la croissance du produit intérieur brut (PIB) au premier trimestre. En Europe, l’économie a été portée par la vigueur des exportations, tandis qu’une hausse des dépenses en matière de défense est à prévoir. En Chine, l’activité économique a ralenti, les effets des précédentes mesures de relance budgétaire s’atténuant progressivement.

Maintenant, au Canada, la croissance du PIB a été légèrement supérieure aux attentes de la BdC, s’établissant à 2,2 % au premier trimestre. « Le devancement des exportations vers les États-Unis et l’accumulation de stocks ont stimulé l’activité, tandis que la demande intérieure finale est restée à peu près stable », observe la BdC.

La croissance de la consommation a quant à elle ralenti, mais en gardant toutefois un certain rythme. L’activité sur le marché du logement et les dépenses publiques ont diminué. Le marché du travail s’est affaibli et le taux de chômage a atteint 6,9 %.

La BdC s’attend donc à ce que l’économie soit beaucoup plus faible au deuxième trimestre « en raison du renversement de la forte hausse des exportations et des stocks et du fait que la demande intérieure finale demeure faible ».

L’inflation de son côté s’est établie à 1,7 % en avril, un recul attribuable essentiellement au retrait de la taxe fédérale sur le carbone pour les consommateurs. Abstraction faite des taxes, l’inflation a progressé de 2,3 % en avril, soit un peu plus que les prévisions de la BdC. Les principaux indicateurs de l’inflation sous-jacente, y compris ceux privilégiés par la Banque, montrent une tendance à la hausse.

« La Banque du Canada a maintenu son taux aujourd’hui, comme prévu, invoquant une inflation rampante et la vigueur résiliente, bien que temporaire, de l’économie canadienne. Cependant, elle s’attend à ce que la croissance s’érode au deuxième trimestre de 2025, à mesure que l’effet d’anticipation sur les exportations s’estompe et que les effets des droits de douane se font réellement sentir sur l’économie. Pour l’instant, la Banque s’abstient d’ajouter des mesures de relance à l’économie, les réservant pour les jours plus difficiles à venir », résume Philippe Simard, Directeur hypothécaire au Québec chez Ratehub.ca.

En conclusion, l’incertitude règne encore notamment en raison des droits de douane, l’économie canadienne s’est affaiblie, mais pas de façon trop marquée et les données récentes sur l’inflation sont un peu plus hautes que prévu.

Ces facteurs ont donc poussé la BdC à maintenir ses taux aux niveaux actuels, soit :

  • le taux de rémunération des dépôts, à 2,70 %.
  • le taux cible du financement à un jour est à 2,75 %
  • le taux officiel d’escompte s’établit à 3 %.

« Étant donné que le taux directeur de la Banque du Canada n’a pas changé, le taux préférentiel (actuellement de 4,95 %) utilisé par les prêteurs à la consommation canadiens restera inchangé. Cela signifie que les taux hypothécaires variables, qui sont fixés en fonction du taux préférentiel, ne subiront aucune modification au niveau de leur taux d’intérêt, du montant de leurs mensualités, du montant des intérêts sur les paiements ou du montant de leur dette principale », conclut  Philippe Simard.

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La rédaction