La diversification des portefeuilles ne suffit plus

Par La rédaction | 27 February 2026 | Last updated on 26 February 2026
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La diversification, pilier classique de la gestion de portefeuille, ne protège plus automatiquement les investisseurs. C’est l’avertissement lancé par James Green, directeur des investissements chez deVere.

Selon lui, les mouvements simultanés sur les actions, les obligations, les cryptomonnaies et les métaux précieux observés récemment démontrent que la simple répartition entre classes d’actifs ne suffit plus. Les investisseurs doivent désormais adopter une « diversification ciblée » basée sur les véritables sources de risque.

Au cours de la dernière semaine de négociation, les actions américaines ont légèrement progressé. L’indice S&P 500 a gagné environ 1 %, malgré une volatilité accrue dans certains secteurs. Toutefois, cette progression masque une réalité plus fragile : le leadership boursier demeure concentré, et les titres technologiques affichent de nouveaux signes d’instabilité, précise James Green.

Parallèlement, les obligations américaines à long terme ont rebondi. Le fonds négocié en Bourse (FNB) iShares 20+ Year Treasury Bond a progressé de plus de 2 %, tandis que les rendements des obligations à dix ans se repliaient autour de 4,1 %.

Les cryptomonnaies ont, pour leur part, évolué dans la direction opposée. Le bitcoin a perdu près de 9 % sur la même période, passant d’un peu plus de 70 000 dollars américains ($ US) à environ 65 000 $ US. Cette correction rappelle, selon James Green, la dépendance persistante des actifs numériques aux conditions de liquidité et au positionnement des investisseurs.

Les métaux précieux ont ajouté une couche supplémentaire de complexité. Après un fort début d’année, l’or a reculé de plus de 7 % par rapport à ses récents sommets avant de se stabiliser. L’argent a connu des variations encore plus marquées, ses replis en pourcentage ayant largement dépassé ceux de l’or avant un redressement partiel. Cette volatilité plus prononcée reflète son double statut de métal monétaire et industriel, ainsi que sa liquidité plus limitée.

UNE DIVERSIFICATION REMISE EN QUESTION

Face à ces mouvements divergents, certains investisseurs pourraient conclure que la diversification fonctionne, puisque les différentes catégories d’actifs n’évoluent pas toutes dans le même sens. James Green invite toutefois à nuancer cette lecture.

« La diversification par étiquette — actions, obligations, or, cryptomonnaies — ne signifie pas automatiquement une diversification par facteur de risque », affirme-t-il.

Selon lui, de nombreux portefeuilles traditionnels sont plus concentrés qu’ils n’en ont l’air. Plusieurs fonds d’actions partagent les mêmes expositions aux grandes capitalisations américaines axées sur la croissance. Les portefeuilles obligataires sont souvent sensibles au risque de duration. L’or et l’argent réagissent fréquemment aux mêmes anticipations de taux réels et aux fluctuations du dollar américain. Quant aux cryptomonnaies, elles demeurent étroitement liées à la liquidité mondiale et au climat réglementaire.

Lorsque les marchés changent rapidement de direction, ces corrélations peuvent évoluer. « Des actifs qui se compensaient auparavant peuvent évoluer ensemble, explique James Green. D’autres peuvent fluctuer violemment sur la seule base du positionnement. »

Les récents résultats illustrent, selon lui, à quel point un portefeuille apparemment équilibré peut générer une volatilité inattendue.

RÔLE DES MÉTAUX PRÉCIEUX

La remontée récente des obligations à long terme a certes soutenu certains portefeuilles. Mais la sensibilité des titres à longue échéance aux variations de rendement demeure élevée. Une modification modeste des taux peut entraîner des variations de prix significatives, en particulier pour les obligations de longue duration.

Les métaux précieux ne jouent plus non plus systématiquement le rôle de valeur refuge. La correction de l’or, après une forte hausse, montre que les prises de bénéfices et les mouvements de positionnement peuvent supplanter le discours traditionnel sur les actifs défensifs. L’argent, plus volatil, rappelle qu’il ne constitue pas une protection interchangeable avec l’or.

ÉVALUER LES RISQUES

Pour James Green, la clé réside dans une analyse plus fine des actifs. « Une diversification judicieuse consiste à identifier précisément le risque contre lequel chaque actif protège », soutient-il. Protège-t-il contre l’inflation ? Bénéficie-t-il d’un ralentissement de la croissance ? Est-il sensible à la faiblesse du dollar ? Ou est-il exposé aux mêmes facteurs macroéconomiques que le reste du portefeuille ?

Il encourage les investisseurs à examiner leurs portefeuilles non plus seulement selon les catégories d’actifs, mais à travers le prisme de variables telles que la sensibilité à la croissance, l’exposition à l’inflation, le risque de duration, l’exposition aux devises ou la dépendance à la liquidité.

« La diversification reste essentielle, conclut James Green. Mais elle doit désormais être intentionnelle, consciente des enjeux géopolitiques et fondée sur des données. »

Selon lui, les investisseurs qui répartissent leur capital entre des facteurs de risque véritablement distincts, plutôt que simplement entre classes d’actifs, augmentent leurs chances de protéger leur capital et d’améliorer leurs rendements à long terme.

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La rédaction