La qualité prête à performer comme une Ferrari 

Par Nicolas Ritoux | 13 January 2026 | Last updated on 12 January 2026
3 min read
Une Ferrari sur une route. Le paysage autour est flou, comme si la voiture allait très vite.
Brandon Woyshnis / iStock

Après des mois de sous-performance, les titres de qualité devraient enfin être récompensés en 2026 sur les marchés boursiers, notamment en Europe, croit Ryan Diamant, gestionnaire de portefeuille clients à Gestion d’actifs CIBC.

« La qualité est souvent gage de surperformance pour les actions, mais ce fût l’inverse en 2025, sous-performant d’autres facteurs comme la valeur, la croissance, les petites capitalisations ou la faible volatilité. Ce fût à ce titre une année historiquement faible pour ce critère, si ce n’est la pire depuis des décennies. Cela est dû notamment à une survalorisation de ces titres entre 2022 à 2024, qui a provoqué une correction à compter de l’automne 2024 », observe Ryan Diamant.

L’expert s’attend à une année 2026 marquée par une reprise globale des marchés, qui ne sera plus limitée aux titres de style valeur ou momentum. Il souligne notamment le potentiel de la zone euro, où l’incertitude concernant les tarifs douaniers américains s’est finalement dissipée, permettant de recentrer l’attention sur les perspectives de croissance économique.

« Plusieurs pays européens ont en outre annoncé des mesures de relance, comme l’Allemagne qui a relevé le plafond de sa dette publique pour financer des projets d’infrastructures et de défense. On observe aussi une tendance à la déréglementation et à la simplification administrative. L’ensemble de ces facteurs devrait soutenir la performance des actions de qualité, qui s’échangent actuellement à des niveaux attrayants », poursuit Ryan Diamant.

Il s’attend à des gains de 7 à 8 % pour les actions de qualité au niveau mondial, contre environ 4 % pour l’ensemble des marchés. Pour l’Europe, il se montre encore plus optimiste, évoquant un potentiel de hausse pouvant atteindre 10 %, contre 7 % à 8 % pour le marché dans son ensemble.

L’exemple de Ferrari lui vient à l’esprit. Après avoir longtemps hésité entre son positionnement comme constructeur automobile ou marque de luxe, le groupe italien a clairement tranché en faveur de cette dernière catégorie. Mais l’année 2025 a vu son titre chuter de 20 % sous l’effet de l’incertitude économique. « C’est l’exemple typique d’un titre de qualité qui a sous-performé et devrait connaître une bonne reprise », soutient-il.

Autre exemple évoqué : London Stock Exchange Group. L’an dernier, le groupe a fait l’acquisition de Refinitiv, un concurrent de Bloomberg, or beaucoup craignaient que l’intelligence artificielle (IA) ne lui vole des parts de marché. Mais l’IA s’avère plutôt un levier de croissance, en permettant au groupe de mieux exploiter la richesse de ses vastes bases de données.

Son truc pour reconnaître les titres de qualité ? « Tout d’abord, nous recherchons des sociétés qui affichent de solides marges et une bonne profitabilité, un faible niveau d’endettement, et de forts retours sur le capital investi. Mais nous portons aussi attention à des critères plus subtils, comme les réactions des membres de l’équipe de direction face aux questions qu’on leur pose, leur alignement sur les intérêts des actionnaires, et le suivi de leurs engagements pris lors de nos rencontres. Nous rencontrons plus de 200 équipes chaque année, en plus d’effectuer une vérification diligente de chacune de ces sociétés. Alors nous avons le don d’identifier si, par exemple, la correction d’un titre est de nature transitoire ou durable », résume Ryan Diamant.

« En plus d’être extrêmement sélectifs, nous nous donnons la liberté d’explorer différents marchés pour saisir les meilleures occasions de haute qualité au travers des secteurs d’activité. C’est lorsque la conviction et la flexibilité sont réunies que nous pouvons déceler la qualité tout en évitant les pièges. »

Cet article fait partie du programme Gestionnaires en direct, commandité par Gestion d’actifs CIBC. Il a été rédigé sans apport du commanditaire.

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Nicolas Ritoux

Nicolas Ritoux est journaliste indépendant. Il collabore à Conseiller.ca depuis 2009.