L’accessibilité au logement ne devrait pas s’améliorer de sitôt, selon Desjardins

Par Jonathan Got | 26 May 2025 | Last updated on 23 May 2025
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Modèle de maison avec homme d’affaires signe un contrat d’achat ou une hypothèque pour une assurance habitation d’achat et de vente concernant le prêt hypothécaire Concept immobilier, espace de copie pour le texte de l’éditeur.
David Gyung / iStock

L’accessibilité au logement au Canada ne s’est pas remise des perturbations des cinq dernières années et il est peu probable qu’elle s’améliore sensiblement au cours des deux prochaines années, selon un rapport récent de Desjardins sur l’habitation.

À la suite de la forte hausse des prix des maisons pendant la pandémie et de l’augmentation subséquente des taux d’intérêt, les familles canadiennes étaient toujours confrontées à des budgets serrés au début de l’année 2025. Bien que les prix aient diminué dans des provinces comme l’Ontario et la Colombie-Britannique, ils ont atteint des sommets inégalés dans la plupart des autres régions, dévoile le rapport.

Mais ce problème n’est pas uniquement dû à la pandémie, tempère ce dernier. Les prix des logements ont plus que quadruplé depuis 2000, alors que le revenu disponible moyen des ménages n’a que doublé.

L’écart croissant entre les prix des logements et les revenus signifie que les candidats à l’accession à la propriété ont besoin de beaucoup plus de temps pour économiser en vue d’un versement initial. Si un ménage disposant d’un revenu national moyen épargnait 20 % de son revenu disponible sur un compte rapportant 3 % par an, il lui faudrait environ six ans pour épargner un acompte de 20 % sur une maison d’un prix moyen de 720 000 $.

Toutefois, dans certaines provinces, les candidats à l’achat ont plus de mal. Les familles de l’Ontario et de la Colombie-Britannique peuvent avoir besoin de plus de sept ans pour économiser un acompte, tandis que celles de Terre-Neuve-et-Labrador ou de la Saskatchewan n’ont besoin que de trois ans.

La forte inflation des loyers entre 2022 et 2024 a aussi probablement mis à mal la capacité des acheteurs potentiels à épargner. Un tiers des locataires n’ont pas remboursé une dette, contre moins de 5 % des propriétaires.

Comme il faut plus de temps pour économiser un acompte, l’accession à la propriété peut sembler hors de portée pour de nombreuses personnes. Certains reçoivent l’aide de leur famille, tandis que d’autres déménagent dans des régions plus abordables. Une maison individuelle à Vancouver coûtera en moyenne un peu plus de 2 millions de dollars (M$) à la fin de 2024, contre moins de 300 000 $ à Terre-Neuve-et-Labrador.

Le gouvernement fédéral a lancé des programmes d’épargne pour les primo-accédants, tels que le compte d’épargne logement, et prévoit d’éliminer la TPS sur les maisons neuves dont le prix ne dépasse pas 1 M$. Le rapport souligne toutefois que ces mesures pourraient accroître la demande et faire grimper les prix. Il n’aborde pas la promesse du premier ministre Mark Carney de créer une agence fédérale, Build Canada Homes, afin d’augmenter le parc de logements abordables et de fournir jusqu’à 25 milliards de dollars de financement par l’emprunt aux constructeurs d’habitations.

Si la guerre commerciale entre les États-Unis et le Canada peut exercer une pression à la baisse sur les taux d’intérêt, contribuant ainsi à réduire les coûts hypothécaires, la hausse du chômage pèsera sur le revenu disponible des ménages.

Les ventes de logements resteront faibles en 2025, mais Desjardins prévoit un retour à la croissance en 2026.

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Jonathan Got

Jonathan Got est journaliste pour Investment Executive.