L’alpha, c’est bien, mais l’efficacité dure 

Par James Langton | 10 June 2026 | Last updated on 9 June 2026
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Comparaison sur une balance.
erhui1979 / iStock

Les gestionnaires de fonds communs de placement sont souvent récompensés pour leur capacité à générer de l’alpha, c’est-à-dire à surperformer le marché après ajustement pour le risque, mais une nouvelle recherche du Conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale américaine soutient qu’il existe également une compétence distincte : celle d’exploiter efficacement les primes de risque.

Dans un récent document de travail, les auteurs proposent une nouvelle façon d’évaluer la performance des gestionnaires de fonds : l’« efficacité ». Celle-ci correspond à la capacité d’un gestionnaire à capter les primes de risque associées à différents facteurs de marché, notamment le risque de marché (bêta), l’effet momentum, le style croissance par rapport à valeur, ainsi que les écarts de rendement entre les titres à grande et à petite capitalisation.

« Dans l’évaluation traditionnelle de la performance, une efficacité parfaite est implicitement présumée et l’alpha est entièrement attribué à l’habileté du gestionnaire. Toutefois, en présence de coûts de mise en œuvre, la capacité à capter les primes de risque constitue en soi une forme de compétence, et sa mesure nous permet de mieux comprendre l’hétérogénéité des gestionnaires ainsi que la persistance de leur performance », indique l’étude.

Selon les auteurs, il existe donc deux formes distinctes de compétence chez les gestionnaires de fonds :

  • la capacité de générer de l’alpha
  • et la capacité de capter le bêta et d’autres primes de risque malgré divers obstacles, tels que les coûts de transaction, les contraintes de capacité et d’autres difficultés liées à la gestion de portefeuille.

À partir de données couvrant l’ensemble des fonds communs d’actions américains entre 1999 et 2023, les chercheurs tentent de démontrer que la compétence et l’efficacité permettent toutes deux de distinguer la performance des fonds et que les écarts observés peuvent être importants.

« En termes simples, certains fonds obtiennent une prime de risque plus élevée pour une même exposition à un facteur de risque. Ces différences peuvent être économiquement importantes, en plus d’être statistiquement significatives », souligne l’étude.

Les chercheurs ont également constaté que ces deux qualités sont négativement corrélées.

« Les fonds les plus compétents tendent à être moins efficaces, et inversement, indique le document. Cela concorde avec l’idée que ces deux tâches exigent chacune de l’attention et des efforts de la part du gestionnaire, de sorte qu’une bonne performance dans l’une peut se faire au détriment de l’autre. »

Les auteurs relèvent toutefois que l’efficacité semble être une caractéristique plus durable que la compétence.

« Cela est compatible avec l’idée que l’efficacité constitue une propriété plus fondamentale du gestionnaire — ou de son processus d’investissement, de sa gestion de la liquidité, de ses coûts d’exécution, etc. — tandis que la compétence est davantage attribuable à la chance », indique l’étude.

Enfin, les chercheurs soutiennent que les prévisions des rendements anormaux futurs peuvent être considérablement améliorées lorsque les rendements anormaux passés sont décomposés entre compétence et efficacité, plutôt que d’être analysés comme un seul facteur global.

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James Langton

James Langton est journaliste pour Advisor.ca et Investment Executive. Depuis 1994, il fait des reportages sur la réglementation, le droit des valeurs mobilières, l’actualité de l’industrie et plus encore.