Le Canada a évité la récession en 2025, mais le risque demeure

Par James Langton | 27 February 2026 | Last updated on 26 February 2026
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Route marquée par les années futures menant vers un horizon lumineux, représentant la planification et la vision long terme.
Marut Khobtakhob / iStock

Dans un contexte de turbulences tarifaires, l’économie canadienne a évité de justesse une récession en 2025, mais elle pourrait encore connaître ce sort si l’accord commercial nord-américain actuel devait échouer cette année, prévient BMO Marchés des capitaux.

Dans un rapport récent, les économistes de la banque indiquent que la croissance du PIB réel a ralenti à 1,7 % l’an dernier et qu’elle a « vraisemblablement frôlé la récession », la conformité accrue à l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) ayant permis d’éviter les pires effets des tarifs douaniers, tandis que les politiques budgétaire et monétaire ont soutenu la croissance et que les marchés boursiers ont fortement progressé.

Toutefois, la moyenne annuelle du PIB « sous-estime probablement le véritable ralentissement de l’activité », précise le rapport, ajoutant que le PIB n’aurait progressé que de 0,8 % au quatrième trimestre sur un an.

HYPOTHÈSE CLÉ : LA STABILITÉ COMMERCIALE

Pour l’avenir, BMO prévoit que la croissance se maintiendra, avec une progression moyenne de 1,8 % attendue en 2026, une projection qui repose toutefois sur une relative stabilité des politiques commerciales.

« Notre hypothèse critique pour 2026 est que l’examen de l’ACEUM se prolongera au-delà de cette année, maintenant les États-Unis au sein de l’accord et préservant l’exemption liée à la conformité pour la plupart des produits canadiens », précise le rapport.

La firme prévient cependant que le risque de récession pourrait réapparaître si l’accord commercial venait à s’effondrer.

« Le principal risque pour l’économie canadienne découle de sa relation fragile avec son plus important partenaire commercial », prévient le rapport.

Bien que l’incertitude persistante en matière de politiques publiques puisse peser sur la confiance des entreprises et sur l’investissement, « l’impact d’un effondrement de l’ACEUM serait bien plus grave, susceptible d’accroître le taux tarifaire moyen et de déclencher une récession modérée au Canada, même en présence d’un soutien politique important », ajoute-t-il.

SOUTIEN BUDGÉTAIRE ET MARGE DE MANŒUVRE MONÉTAIRE LIMITÉE

Sur le plan budgétaire, des politiques de relance « tant au niveau fédéral que provincial devraient continuer d’amortir les effets actuels des tarifs en 2026 », selon BMO.

En ce qui concerne la politique monétaire, les taux d’intérêt se situent déjà « dans le bas de la fourchette neutre », indique le rapport, qui ne prévoit donc pas de nouvelles baisses de taux.

« Néanmoins, compte tenu des risques persistants liés à la politique commerciale, nous pensons que la Banque du Canada serait plus encline à réduire les taux qu’à les relever si la situation l’exige », conclut le rapport.

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James Langton

James Langton est journaliste pour Advisor.ca et Investment Executive. Depuis 1994, il fait des reportages sur la réglementation, le droit des valeurs mobilières, l’actualité de l’industrie et plus encore.