Le Canada n’a pas encore comblé l’écart de rémunération

Par James Langton | 14 March 2025 | Last updated on 30 April 2025
3 min read
Propriétaires de petites entreprises travaillant derrière le comptoir du café.
visualspace / iStock

Bien que le Canada se distingue en matière de participation des femmes à la population active, des écarts de rémunération subsistent, les femmes étant toujours sous-représentées dans les postes à haute rémunération, selon un nouveau rapport de la Banque CIBC.

Dans le rapport publié le 4 mars dernier, les économistes de la banque notent que le Canada se classe actuellement au deuxième rang des pays du G7 pour ce qui est de la participation des femmes à la population active. Bien qu’il y ait encore des progrès à fare, puisque le Canada est toujours derrière les chefs de file mondiaux en la matière (Islande, Suède et Pays-Bas) et qu’il existe toujours un écart entre les hommes et les femmes au Canada en ce qui a trait à la participation à la population active, les progrès réalisés pour réduire l’écart salarial entre les hommes et les femmes ont ralenti de façon spectaculaire au cours des dernières années, selon le rapport.

Les écarts de rémunération entre les hommes et les femmes reflètent plusieurs facteurs, notamment la discrimination, mais aussi les différences dans les types d’emplois occupés par les hommes et les femmes et les divergences dans leurs trajectoires de carrière.

Les différences persistantes en matière d’éducation sont l’un des facteurs qui influencent les carrières que les femmes choisissent, souligne le rapport, la représentation des femmes dans les programmes de sciences, de technologie, d’ingénierie et de mathématiques (STIM) étant encore insuffisante.

Par exemple, les économistes ont indiqué que si les femmes obtiennent 59 % des diplômes de premier cycle, elles ne représentent que 40 % des diplômes en sciences, technologie, ingénierie et mathématiques (STIM) et 53 % des diplômes en commerce.

En outre, les femmes semblent toujours se heurter à des plafonds de verre au Canada. La part des femmes dans les postes de direction au Canada ne s’est pas améliorée depuis 2013, alors qu’elle a augmenté dans d’autres pays.

« Aux États-Unis et dans les pays de l’OCDE, le plafond de verre a perdu de son importance depuis le milieu des années 2000, indique le rapport. Cette absence de progrès au Canada explique en partie les résultats insuffisants en matière de réduction de l’écart de rémunération, malgré un taux d’activité élevé chez les femmes. »

À cet égard, « le Canada a du pain sur la planche si les femmes veulent réduire l’écart de rémunération à l’avenir », ajoute le rapport.

Le Canada progresse déjà dans l’amélioration de l’accès à des services plus abordables de garde d’enfants, ce qui est un facteur clé pour encourager la participation des femmes au marché du travail et pour réduire le temps passé hors du marché du travail par les femmes, ce qui peut entraver la progression de leur carrière.

Des services de garde d’enfants plus accessibles pourraient y contribuer, car « les femmes ayant des enfants ne perdront pas autant d’années d’expérience lorsqu’elles sont jeunes, ce qui leur permettra de mieux briser le plafond de verre », indique le rapport.

Mais le rapport note également que « des forces sociales et autres continuent d’entraîner des choix professionnels et éducatifs qui pourraient avoir une incidence moins favorable sur les taux de rémunération des femmes […] et que les progrès vers une augmentation de la proportion de femmes occupant des postes de direction semblent également s’être arrêtés au Canada, alors qu’ils ont progressé ailleurs ».

Découvrir et s’attaquer aux raisons qui expliquent la faible représentation des femmes dans les emplois les mieux rémunérés dans leur domaine « pourrait être important pour identifier ce qu’il faut faire pour garantir que les femmes sont non seulement présentes sur le marché du travail, mais aussi que l’économie utilise pleinement leurs talents », conclut le rapport.

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James Langton

James Langton est journaliste pour Advisor.ca et Investment Executive. Depuis 1994, il fait des reportages sur la réglementation, le droit des valeurs mobilières, l’actualité de l’industrie et plus encore.