Le capital-investissement canadien s’adapte à la rareté de la liquidité

Par Alisha Hiyate | 20 January 2026 | Last updated on 19 January 2026
3 min read
Billets canadiens colorés partiellement visibles avec des piles de pièces empilées au premier plan.
Devonyu / iStock

La valeur totale des transactions en capital-investissement au Canada en 2025 devrait atteindre des niveaux comparables à ceux de 2024, mais avec un nombre d’opérations plus faible, ce qui témoigne d’une certaine résilience dans un marché toujours confronté à des difficultés persistantes de liquidité, selon un rapport de McCarthy Tétrault.

Le rapport Sur la cible : Perspectives du capital-investissement pour 2026 indique que la valeur des transactions en 2025, jusqu’à la fin novembre, s’élevait à environ 46 milliards de dollars (G$), en voie de se rapprocher du total de 57 G$ enregistré en 2024. Globalement, l’année 2025 devrait être marquée par un nombre moindre d’opérations, mais de plus grande envergure, avec 488 transactions recensées à la fin de novembre, contre 646 en 2024.

Les levées de fonds en capital-investissement canadien ont rebondi en 2025, après avoir chuté de 95 % en 2024, année durant laquelle seulement 1,6 G$ avaient été levés par 15 fonds, selon le rapport.

« Une grande partie de ce ralentissement reflétait les difficultés persistantes rencontrées par de nombreux gestionnaires pour obtenir des engagements de la part des commanditaires, dans un contexte de liquidité restreinte », explique le rapport.

À l’inverse, au cours des 11 premiers mois de 2025, 17 fonds ont levé 16 G$, ce qui témoigne d’une amélioration des conditions, malgré l’incertitude économique. Le premier trimestre a été particulièrement vigoureux, soutenu par deux transactions majeures :

  • La Caisse a acquis Innergex Énergie renouvelable dans une transaction de 10,2 G$ ;
  • GFL Environmental a vendu sa division de services environnementaux à Apollo et BC Partners pour 8 G$.

Parallèlement, le marché du capital-investissement a poursuivi en 2025 une tendance pluriannuelle à la baisse du volume de sorties.

Seulement 65 sorties ont été recensées à la fin novembre, contre 117 en 2024 et un sommet de 169 en 2021. Toutefois, les sorties réalisées ont été de plus grande envergure : la valeur totale des sorties en 2025, à 25,7 G$, a presque égalé celle de 2024 (28,2 G$) et dépassé celle de 2021 (21,2 G$).

Une seule sortie soutenue par un fonds de capital-investissement par premier appel public à l’épargne (PAPE) a été enregistrée en 2025.

Les acquisitions complémentaires ont représenté 67,3 % des opérations de rachat à la fin novembre, « reflétant la priorité continue accordée par les firmes de capital-investissement au renforcement de plateformes existantes », alors que moins de nouvelles plateformes ont été lancées, précise le rapport. En valeur, toutefois, les acquisitions complémentaires ne représentaient que 9,1 % de l’activité canadienne de rachat (soit 3,4 G$) durant cette période.

LE MARCHÉ SECONDAIRE GAGNE EN IMPORTANCE

Avec un marché des PAPE atone, qui bloque une voie de sortie traditionnelle, et des horizons de fonds qui s’allongent, les gestionnaires et investisseurs en capital-investissement se tournent de plus en plus vers le marché secondaire pour obtenir de la liquidité.

Dans ses Perspectives des marchés pour 2026, Mackenzie Investissements note qu’à l’échelle mondiale, les volumes de transactions secondaires ont augmenté de 45 % sur un an, pour atteindre un record de 160 G$ US en 2024, et devraient atteindre 200 G$ US d’ici la fin de 2025.

« Ces transactions sont devenues de plus en plus précieuses dans un environnement de conclusion d’opérations marqué par la prudence, permettant aux gestionnaires de générer de la liquidité sans céder des actifs de qualité à des moments peu favorables, tout en offrant aux investisseurs un accès à des actifs matures disposant d’historiques de performance établis », indique le rapport.

Pour 2026, Mackenzie s’attend à ce que « l’activité sur le marché secondaire demeure soutenue, alors que les investisseurs recherchent une plus grande flexibilité dans la gestion de leurs expositions aux marchés privés ».

La firme ajoute que les marchés privés devraient continuer d’« offrir des sources différenciées de croissance et de stabilité fondées sur des facteurs structurels de long terme ». Naviguer en 2026, conclut-elle, « exigera de la sélectivité, de la patience et une vision à long terme — des qualités qui ont historiquement récompensé les investisseurs à travers les cycles de marché ».

Enfin, le rapport de McCarthy Tétrault identifie l’infrastructure numérique et la défense comme des secteurs d’intérêt pour le capital-investissement en 2025, tandis que Mackenzie souligne l’investissement en infrastructures privées comme un thème clé, dans un contexte où les gouvernements continuent de faire face à des pressions budgétaires et à une augmentation de l’endettement.

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Alisha Hiyate

Alisha Hiyate est rédactrice en chef d’Investment Executive et d’Advisor.ca. Elle a 19 ans d’expérience dans le journalisme et couvre l’industrie minière et les marchés. Envoyez-lui un courriel à l’adresse alisha.h@newcom.ca.