Le capital-investissement ne tourne pas le dos à l’ESG et à la DEI

Par La rédaction | 24 November 2025 | Last updated on 21 November 2025
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Photo d’un groupe d’hommes d’affaires méconnaissables tenant des plantes dans la terre au travail.
PeopleImages / iStock

Malgré le recul des politiques de diversité et d’inclusion aux États-Unis, la majorité des gestionnaires nord-américains de capital-investissement et de capital de risque résistent à la tendance, révèle une étude d’Ocorian.

Près de la moitié (45 %) des firmes américaines et canadiennes affirment que ce recul politique les incitera au contraire à renforcer leur approche ESG (environnement, société, gouvernance) et DEI (diversité, équité, inclusion) dans leurs stratégies d’investissement au cours des trois prochaines années.

UN FACTEUR DE DIFFÉRENCIATION

L’enquête, réalisée en mai 2025 auprès de 100 dirigeants de sociétés de capital-investissement et de capital de risque du marché intermédiaire représentant 335 milliards de dollars américains d’actifs sous gestion, indique que ces principes demeurent profondément ancrés dans leurs pratiques.

Près d’un gestionnaire sur cinq (18 %) estime que la conjoncture n’aura aucun impact sur sa stratégie d’investissement nationale, tandis que 24 % prévoient une légèreréduction de leurs investissements alignés sur les critères ESG et DEI et 13 % une baisse importante.

Sur la scène internationale, près de la moitié (47 %) des répondants anticipent un impact limité, soulignant qu’ils adaptent leurs politiques selon les marchés. Plus d’un quart (28 %) y voient même une occasion de consolider leur engagement global en matière d’ESG et de DEI, en se distinguant des acteurs qui s’en éloignent. Seuls 2 % prévoient un recul de ces priorités à l’échelle mondiale.

L’ENJEU DE LA CRÉDIBILITÉ RÉGLEMENTAIRE

Pour Howard Nurtman, chef de la conformité réglementaire américaine chez Ocorian, cette résilience témoigne d’une tendance de fond. « Même si certaines régions des États-Unis s’éloignent des politiques axées sur la DEI, nos recherches confirment ce que nous continuons d’observer dans l’ensemble de la communauté des investisseurs : la DEI et l’ESG restent fermement ancrés dans la manière dont les gestionnaires se positionnent auprès de leurs investisseurs institutionnels et dans la façon dont ces derniers évaluent la création de valeur à long terme », souligne-t-il.

Il met cependant en garde contre une approche superficielle des critères ESG. « L’engagement seul ne suffit pas. La SEC [Securities and Exchange Commission] examine minutieusement si les gestionnaires qui se présentent sous l’étiquette ESG possèdent la gouvernance, la documentation et la discipline opérationnelle nécessaires pour soutenir ces engagements », rappelle-t-il.

Howard Nurtman insiste sur les risques pour les firmes qui traitent l’approche ESG comme un simple exercice de marketing plutôt que comme une pratique réglementée. « Les gestionnaires qui se démarqueront seront ceux qui combinent des principes clairs avec une mise en œuvre rigoureuse », précise-t-il.

Cette mise en garde intervient dans un contexte où la SEC intensifie sa surveillance des pratiques d’écoblanchiment (greenwashing) et exige une transparence accrue de la part des gestionnaires d’actifs qui prétendent intégrer les critères ESG dans leurs décisions d’investissement.

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La rédaction