Le marché de l’emploi du Québec marque le pas

Par La rédaction | 24 February 2025 | Last updated on 21 February 2025
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Suriya Phosri / iStock

L’année 2024 a été marquée par un net ralentissement du marché de l’emploi au Québec. Entre décembre 2023 et décembre 2024, le taux de chômage est passé de 4,7 % à 5,6 % alors que 47 700 chômeurs supplémentaires se sont ajoutés. Le nombre de postes vacants a quant à lui chuté à 119 175, son plus bas niveau depuis 2018, selon le bilan 2024 de l’emploi publié par l’Institut du Québec.

En 2024, 71 900 emplois ont été créés, ce qui représente la plus faible progression depuis la pandémie, tandis que la population en âge de travailler a augmenté de 195 300 personnes.

Ce sont surtout les nouveaux venus sur le marché du travail qui ont été les plus vulnérables. Les immigrants temporaires, incluant les étudiants, les travailleurs et les demandeurs d’asile, ont enregistré un taux de chômage trois fois plus élevé (11,9 %) pour le mois de décembre. Les jeunes adultes de 15 à 24 ans ont également été durement touchés, avec un taux de chômage en hausse à 8,9 %.

EMBAUCHES AU RALENTI

D’un côté, les employeurs ont hésité à embaucher du personnel face à des taux d’intérêt élevés et une inflation persistante. De l’autre, l’augmentation du nombre de travailleurs disponibles, notamment en raison de l’immigration temporaire, a accru la pression sur le marché du travail, précise le rapport.

Plutôt que d’effectuer des licenciements massifs, les employeurs ont choisi de freiner les nouvelles embauches en 2024. Cette tendance pourrait toutefois évoluer cette année en raison de l’incertitude entourant les relations commerciales avec les États-Unis.

« Dans un marché de l’emploi déjà passé de la pénurie à l’essoufflement, ce contexte laisse présager un ralentissement accru des embauches, voire des mises à pied », prévient Emna Braham, présidente-directrice générale de l’Institut du Québec.

95 000 EMPLOIS MANUFACTURIERS MENACÉS

Selon l’intensité et la durée des mesures tarifaires décrétées par Donald Trump, le repli de l’emploi pourrait se prolonger au Québec en 2025, indique l’étude. Environ 95 000 emplois manufacturiers québécois, fortement dépendants des exportations vers les États-Unis — notamment dans l’aluminium, l’aérospatial et la métallurgie — sont menacés. D’autres secteurs économiques pourraient être touchés par ricochet.

Le resserrement des critères d’immigration temporaire prévu par les gouvernements fédéral et provincial pourrait certes contribuer à freiner la hausse du chômage. Cependant, il risque aussi d’accentuer les difficultés de recrutement en région, où les travailleurs temporaires sont essentiels pour combler les pénuries de main-d’œuvre, notamment dans le secteur agricole, rapporte l’Institut du Québec.

Le secteur public, qui représentait près du quart (24 %)de l’emploi total au Québec en 2024, devrait rester stable en 2025, estime l’organisation. Elle signale par ailleurs que les efforts de recrutement dans la santé effectués l’an dernier demeurent insuffisants pour faire face au vieillissement de la population. De plus, elle estime que la baisse du ratio de travailleurs de la santé par millier de personnes âgées de 70 ans pourrait menacer la qualité des soins aux aînés dans les années à venir.

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La rédaction