Le paradoxe d’un marché du travail faible et de salaires en hausse

Par James Langton | 4 December 2025 | Last updated on 4 December 2025
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Les économistes reçoivent des signaux contradictoires des données récentes sur l’emploi, mais un point demeure clair : malgré l’absence de croissance nette de l’emploi, les salaires augmentent rapidement. Ce phénomène alimente l’inflation et met fin au cycle de baisse des taux d’intérêt, estime la Financière Banque Nationale (FBN).

Dans une note de recherche, la FBN indique que le marché attend avec intérêt la prochaine publication de l’Enquête sur la population active de Statistique Canada, qui survient après des données faibles sur les emplois salariés.

« Ces chiffres sont très attendus, car ils révéleront si le rebond des deux derniers mois se confirme ou s’il ne s’agissait que d’un artefact statistique », souligne la note. La FBN ajoute que la récente vigueur de ces données « contraste avec des indicateurs faibles montrant une faible appétence des entreprises pour l’embauche ».

En effet, la FBN note que, au cours des six derniers mois, l’emploi n’a progressé que dans 41 % des industries du secteur privé, « une proportion généralement observée seulement en période de récession ».

Pourtant, malgré cette tendance faible, les salaires du secteur privé ont augmenté rapidement, « progressant à un rythme annualisé de 5,5 % au cours des six derniers mois, un rythme incompatible avec le retour de l’inflation à la cible », indique la note.

Dans un rapport distinct, la FBN affirme que la forte croissance salariale stimule l’inflation, « particulièrement dans le secteur des services, qui est beaucoup plus sensible aux pressions salariales ».

Ce rapport évoque plusieurs explications possibles à cette vigueur des salaires malgré la faiblesse de la demande de main-d’œuvre, notamment le fait que les travailleurs, et particulièrement les travailleurs syndiqués, sont engagés dans des négociations visant à rattraper l’inflation récente des prix à la consommation.

Parallèlement, la composition des travailleurs en chômage pourrait aussi jouer un rôle : la population des chômeurs comporte une proportion relativement élevée de personnes sans emploi depuis longtemps, ce qui « peut s’expliquer par un décalage entre leurs compétences et celles recherchées par les employeurs, ou par une érosion de leurs compétences et de leur employabilité ».

Dans ce contexte, il est approprié que la Banque du Canada mette fin aux baisses de taux, conclut la FBN.

« Compte tenu de la situation actuelle, qui présente des accents de stagflation, nous croyons également que, pour l’instant, la meilleure action consiste à suspendre les baisses du taux directeur, souligne-t-elle. Nous continuons de croire que l’inflation fondamentale devrait se modérer dans les prochains mois en raison de l’excédent d’offres, mais l’absence de progrès jusqu’ici sur le front de l’inflation invite à la prudence. »

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James Langton

James Langton est journaliste pour Advisor.ca et Investment Executive. Depuis 1994, il fait des reportages sur la réglementation, le droit des valeurs mobilières, l’actualité de l’industrie et plus encore.