Le testament, un outil inévitable

Par La rédaction | 11 August 2025 | Last updated on 8 August 2025
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Un couple assis à une table face à quelqu'un. L'homme signe un document.
shapecharge / iStock

Près d’un Québécois sur deux n’aurait toujours pas rédigé son testament. « Les gens ont peur de parler de la mort », souligne Jean-Sébastien Jutras, de Jutras Gestion de patrimoine, au micro d’Isabelle Perron à QUB radio. Bien qu’« inévitable », ce document est souvent repoussé, et ce pour de nombreuses raisons.

Tout d’abord, l’expert rappelle que rédiger un testament oblige son auteur à envisager des scénarios peu réjouissants, notamment la mort d’un proche. « C’est assez négatif comme discussion », reconnaît-il.

Beaucoup hésitent également par peur de blesser des membres de leur entourage. Pourtant, Jean-Sébastien Jutras rappelle que, s’il est possible de faire des legs particuliers à une personne, dans la majorité des cas, les testateurs optent pour un legs universel réparti entre leurs enfants et leur conjoint. « Mais si on ne l’écrit pas, c’est le Code civil du Québec qui décide pour vous », prévient-il et le résultat peut être très éloigné des désirs réels du testateur.

Jean-Sébastien Jutras lance un avertissement particulier aux couples en union de fait : sans testament, le partenaire pourrait se retrouver sans rien, car « la loi ne les reconnaît pas ». Ainsi, en l’absence de dispositions écrites, les biens du défunt sont redistribués dans sa famille, et non à son conjoint de fait.

Certains instruments financiers, notamment les placements ou les assurances vie, permettent de léguer ses biens à un bénéficiaire désigné. Toutefois, aucun produit ne permet « de contourner [le testament] », martèle Jean-Sébastien Jutras.

Me François Bibeau, directeur général de l’Association professionnelle des notaires du Québec, confirme ses dires. Selon lui rédiger un testament est essentiel, que l’on possède beaucoup ou peu d’actifs.

COÛT D’UN TESTAMENT

Interrogé sur le coût d’un testament, Me François Bibeau rappelle qu’il n’existe pas de tarifs obligatoires pour les services notariés. Pour cette raison, les prix peuvent varier considérablement d’un notaire à un autre. Il recommande toutefois aux Québécois de se méfier des tarifs particulièrement bas.

Pour éviter les mauvaises surprises et les frais cachés, suggère de demander la charte d’honoraire au notaire avec qui l’on désire faire affaire. « En moyenne le taux horaire d’un notaire au Québec c’est environ 200 $ de l’heure dépendamment de son expérience », prévient-il. Ainsi, si un testament est annoncé à 250 $, il est bon de se questionner sur le temps que le notaire compte y consacrer…

Pour épargner les coûts, il suggère de faire son testament en couple. Souvent les deux documents vont se ressembler beaucoup, on parle même de « testaments miroirs », cette formule permet donc de réduire les coûts par document.

Me François Bibeau rappelle qu’il existe trois types de testaments au Québec :

  1. le testament notarié, rédigé et authentifié devant un notaire ;
  2. le testament olographe, écrit, daté et signé à la main par le testateur ;
  3. et le testament devant témoins, rédigé par le testateur puis signé devant deux témoins majeurs.

Si les deux dernières options peuvent sembler économiques à première vue, elles engendrent souvent des frais supplémentaires à long terme. En effet, un testament non notarié devra souvent être homologué, ce qui implique des vérifications, et donc des frais qui peuvent parfois être très importants.

Enfin, Me François Bibeau insiste sur l’importance de réviser son testament de façon périodique. Lui-même recommande de le relire tous les cinq ans, pour s’assurer qu’on ne veut pas y apporter une modification, et de consulter un notaire tous les dix ans pour s’assurer que le document reflète toujours ses volontés.

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La rédaction