L’écart de revenu s’accroît, mais plus lentement

Par Jonathan Got | 25 April 2025 | Last updated on 24 April 2025
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Homme d’affaires avec de l’argent dans sa poche et un pauvre travailleur avec une poche vide. Le concept d’inégalité des revenus de la population. Stratification sociale.
Diy13 / iStock

L’écart de revenu entre les 40 % des ménages les plus riches et les 40 % des ménages les plus modestes n’a cessé de se creuser depuis le début de la pandémie de grippe aviaire. Cependant, de nouvelles données de Statistique Canada montrent que cette progression a ralenti en 2024.

L’écart est passé d’un minimum de 39,7 points de pourcentage en 2020 à 47,1 points de pourcentage en 2024, rapporte l’organisme statistique. Mais alors qu’il a augmenté de 2 points de pourcentage en 2022 et 2023, il n’a augmenté que de 0,5 point de pourcentage en 2024.

L’écart de revenu est défini comme la différence entre la part du revenu disponible détenue par les 40 % des ménages les plus aisés et celle détenue par les 40 % des ménages les plus modestes.

Par ailleurs, l’écart de richesse entre le quintile supérieur et les 40 % des ménages les moins riches atteignait 61,5 points de pourcentage au dernier trimestre de 2024, un niveau stable par rapport à celui enregistré au même trimestre l’année précédente.

Cette évolution s’explique en partie par la baisse des taux d’intérêt. Les ménages à faible revenu ont tendance à être plus endettés et à bénéficier d’un assouplissement des coûts d’emprunt. Les paiements d’intérêts des ménages ont augmenté de 9 % en 2024 par rapport à 2023, ce qui est nettement inférieur à la croissance de 52,8 % enregistrée en 2023 par rapport à 2022.

« Les finances des ménages les moins riches ont été soutenues par la baisse des taux d’intérêt, l’atténuation des pressions inflationnistes et l’augmentation de la valeur des biens immobiliers », observe Statistique Canada.

Les Canadiens les moins riches ont également augmenté leur valeur nette au rythme le plus rapide (+8,8 %) par rapport aux autres ménages, car ils ont bénéficié d’une combinaison de gains immobiliers supérieurs à la moyenne (+4,5 %) et d’une croissance moyenne des actifs financiers (+9,2 %).

Les ménages moins fortunés ont augmenté la valeur de leurs biens immobiliers grâce à l’achat de maisons et à l’augmentation générale des prix de l’immobilier, entre autres raisons. Les gains de richesse pour le quintile inférieur de richesse des ménages ont été principalement attribués à la baisse des taux d’intérêt, qui a augmenté la dette hypothécaire (+3 177 $) d’un montant inférieur à l’augmentation de la valeur de leurs maisons (+4 879 $).

En revanche, les gains de valeur nette des ménages les plus riches proviennent uniquement d’actifs financiers (+9,9 %), tandis que la valeur moyenne de leurs biens immobiliers a légèrement baissé (-0,4 %).

Malgré des taux d’intérêt et des coûts de logement élevés, les ménages de moins de 35 ans sont les seuls à avoir réduit de façon continue leur dette hypothécaire depuis la fin de 2022. Au quatrième trimestre de 2024, cette dette a reculé de 4,7 % sur un an, un repli légèrement moins marqué que celui observé à la même période en 2023, où il atteignait 5,2 %.

Il est possible que les jeunes ménages réduisent leur solde hypothécaire en tant que groupe d’âge en se détournant du marché immobilier en raison de son caractère inabordable, tandis que les propriétaires actuels ont acheté leur logement lorsque les taux d’intérêt étaient beaucoup plus bas.

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Jonathan Got

Jonathan Got est journaliste pour Investment Executive.