L’écart salarial persiste entre les mères et les pères

Par La rédaction | 6 June 2025 | Last updated on 5 June 2025
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Jeune femme caucasienne inquiète organisant les finances de la maison.
SrdjanPav / iStock

En 2023, l’écart de rémunération horaire entre les mères et les pères de jeunes enfants atteignait 3,96$ au Québec. Un écart bien réel, mais moins prononcé quailleurs au pays, selon lInstitut de la statistique du Québec (ISQ).

Les mères dont le plus jeune enfant avait moins de six ans gagnaient en moyenne 34,17 $ de l’heure, une hausse de 59 % depuis 2008. De leur côté, les pères touchaient en moyenne 38,13 $, soit une progression de 53 % sur la même période.

Ce ratio place le Québec en tête des provinces canadiennes : la rémunération des mères de jeunes enfants y représente 90 % de celle des pères. En comparaison, ce pourcentage s’élève à 82 % en Ontario, 83 % en Alberta et 80 % en Colombie-Britannique.

Ce portrait relativement plus favorable s’explique notamment par la forte présence des mères québécoises dans le secteur public, les emplois syndiqués ou les grandes organisations, des milieux où les salaires sont généralement mieux encadrés, indique le rapport.

Les mères québécoises sont aussi moins nombreuses à occuper des emplois faiblement rémunérés (moins de 20 $/h) et occupent plus souvent des postes correspondant à leur niveau de formation, ce qui facilite leur progression salariale. Par ailleurs, des politiques publiques, avec des mesures comme le régime québécois d’assurance parentale (RQAP), ont favorisé l’intégration des mères au marché du travail, signale l’ISQ.

Malgré ces gains, des inégalités persistent. Les mères continuent d’assumer une plus grande part des responsabilités familiales : elles s’absentent jusqu’à cinq fois plus souvent que les pères pour ces motifs, ce qui peut ralentir leur avancement professionnel et influencer leurs choix de carrière. Ainsi, 30 % des mères de jeunes enfants travaillent moins de 35 heures par semaine, contre seulement 9 % des pères. Cette réduction du temps de travail peut limiter la rémunération horaire et les perspectives de carrière.

En revanche, elles sont proportionnellement plus nombreuses à occuper des emplois compatibles avec le télétravail, qui leur donne une plus grande marge de manœuvre dans l’organisation familiale. En 2023, 55 % des mères d’enfants de moins de six ans et 62 % de celles ayant des enfants de 6 à 12 ans occupaient un emploi compatible avec le travail à distance, contre respectivement 41 % et 44 % chez les pères.

Près de trois quarts des mères d’enfants en bas âge estiment avoir accès à des possibilités d’avancement professionnel, un taux comparable à celui des hommes. Pourtant, seulement 59 % d’entre elles jugent leur rémunération adéquate, contre 71 % chez celles ayant des enfants plus âgés.

Enfin, la charge mentale continue de peser lourd. La moitié des mères disent ressentir un stress lié à leur charge émotionnelle au travail, contre 38 % des pères. Ce stress est particulièrement marqué chez celles dont les enfants ont moins de 12 ans, davantage impliquées dans les devoirs, le coucher et les activités quotidiennes.

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La rédaction