L’effondrement de la productivité au Canada s’aggrave

Par James Langton | 13 December 2024 | Last updated on 12 December 2024
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Déprimé Trader frustré fatigué de surtravail ou stressé par la faillite.
Victoria Gnatiuk / iStock

Les dernières données sur la productivité du travail au Canada continuent de dépeindre un tableau sombre, avec une nouvelle baisse de la productivité enregistrée au troisième trimestre 2024.

Statistique Canada a indiqué que la productivité a chuté de 0,4 % au dernier trimestre, après des baisses de 0,1 % au deuxième trimestre et de 0,2 % au premier trimestre.

« La baisse de la productivité au troisième trimestre reflète le ralentissement du rythme de croissance de la production des entreprises, tandis que les heures travaillées ont continué d’augmenter à un rythme assez semblable à celui des deux trimestres précédents », rapporte Statistique Canada, notant que la croissance de la production a ralenti à 0,1 % au troisième trimestre, en baisse par rapport à 0,5 % au deuxième trimestre.

C’est la neuvième fois que la productivité du travail diminue au cours des dix derniers trimestres, a indiqué BMO Capital Markets dans une note de recherche, ajoutant que la faiblesse de la productivité « reste un obstacle majeur à une reprise économique significative ».

« En termes simples, la productivité est le moteur de la croissance économique et — ce qui est crucial dans le contexte économique actuel — elle permet aux revenus d’augmenter sans faire pression sur l’inflation », rappelle BMO.

La Financière Banque Nationale (FBN) souligne que l’écart de productivité entre le Canada et les États-Unis continue de se creuser.

La productivité américaine a augmenté de 2,2 % (taux annualisé) au troisième trimestre, « marquant une huitième hausse consécutive », avertit la FBN. En revanche, la productivité du Canada a diminué de 1,5 % sur une base annualisée.

« L’écart de productivité entre le Canada et les États-Unis est devenu carrément obscène », commente la FBN.

L’un des facteurs clés de cette disparité croissante est la différence entre les dépenses des entreprises en matière de recherche et développement (R&D).

« Statistique Canada a rapporté en début de semaine que les intentions de dépenses en R&D pour 2024 restent ternes, le secteur des entreprises y consacrant un peu moins de 0,9 % du PIB. En comparaison, ce chiffre s’élève à 2,6 % aux États-Unis, un contraste frappant pour un facteur largement reconnu comme un moteur clé de la productivité », déclare l’organisme.

« Il va sans dire que le Canada doit de toute urgence élaborer des politiques visant à inciter les entreprises à accroître leurs investissements au pays si nous voulons améliorer notre niveau de vie. »

À court terme, BMO prédit que la dernière lecture ne devrait pas beaucoup changer le point de vue de la Banque du Canada sur l’inflation et l’économie. La banque centrale doit annoncer sa prochaine décision sur les taux d’intérêt le 11 décembre.

« Nous continuons de nous attendre à une réduction de 25 [points de base] de la part de la banque lors de la réunion de la semaine prochaine », soutient BMO.

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James Langton

James Langton est journaliste pour Advisor.ca et Investment Executive. Depuis 1994, il fait des reportages sur la réglementation, le droit des valeurs mobilières, l’actualité de l’industrie et plus encore.