Les banques européennes surpassent les géants technos américains

Par La rédaction | 30 September 2025 | Last updated on 29 September 2025
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Des grattes ciels vus d'en bas.
Angus / AdobeStock

Qui aurait parié sur les banques européennes pour détrôner Apple, Microsoft, Google et leurs acolytes technologiques ? Pourtant, les chiffres parlent d’eux-mêmes : l’indice MSCI Europe Banks affiche une progression de 63,6 % jusqu’en août 2025, se dirigeant vers sa meilleure année depuis 1997, selon une analyse de Capital Group.

Cette performance contraste violemment avec les 9,9 % engrangés par les « sept magnifiques », ces géants technologiques américains qui ont longtemps dominé les indices boursiers mondiaux.

UNE OPPORTUNITÉ DÈS 2022

Samir Parekh, gestionnaire de portefeuille actions chez Capital Group, avait anticipé ce retournement dès 2022 en raison de l’augmentation des taux d’intérêt en Europe, évoquant les pressions inflationnistes liées à la pandémie, à la relocalisation industrielle et au conflit entre la Russie et l’Ukraine.

À cette époque, les banques européennes traversaient une période difficile, se négociant avec des décotes de 30 % à 60 % par rapport à leur valeur comptable — un écart considérable face aux établissements américains.

CINQ FACTEURS CLÉS DU REBOND

Le gestionnaire identifie cinq éléments structurels derrière cette renaissance :

  1. La normalisation des taux d’intérêt constitue le premier moteur. Après huit années de taux négatifs imposés par la BCE, le changement de cap de juillet 2022 a dopé les revenus nets d’intérêts. Même si les taux ont reflué à 2 % actuellement, Samir Parekh anticipe une stabilisation face à une inflation persistante.
  2. L’allégement réglementaire a également libéré les dividendes. UniCredit illustre parfaitement cette tendance : son dividende annuel a bondi à 2,40 $ US par action en 2024, contre 0,12 $ US en 2020. BBVA affiche une progression similaire avec 0,74 $ US (+24,4 % sur un an).
  3. La reprise du crédit marque un tournant historique après la crise de la dette souveraine de 2010. Les plans de relance allemands prévus jusqu’en 2026 devraient accélérer cette dynamique à travers le continent.
  4. Les banques européennes bénéficient aussi de risques tarifaires limités, contrairement à certains biens comme l’automobile. Leur concentration domestique les protège des tensions commerciales internationales.
  5. Enfin, malgré l’envolée récente, les valorisations restent attractives. Deutsche Bank se négocie à 0,9 fois sa valeur comptable et Banco Santander à 1,2 fois, quand JP Morgan affiche un multiple de 2,4.

L’IMPORTANCE DE LA DIVERSIFICATION

La performance des banques européennes en 2025 est un rappel que les gagnants boursiers peuvent émerger là où on les attend le moins. Pour Samir Parekh, cela plaide en faveur d’une approche d’investissement mondiale et diversifiée, capable de traverser les cycles économiques et de capter les rebonds inattendus, même dans les secteurs boudés.

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La rédaction