Les cachotteries financières aussi graves que l’adultère 

Par La rédaction | 14 February 2025 | Last updated on 13 February 2025
5 min read
Couple choqué qui a l’air inquiet en utilisant un téléphone portable et une carte de crédit à la maison.
triloks / iStock

Les surprises de la Saint-Valentin ne se réduisent pas aux roses et aux chocolats pour bon nombre de couples américains. Qu’ils soient mariés, en union civile ou de fait, 40 % d’entre eux avouent avoir déjà commis une infidélité financière à l’égard de leur partenaire, selon une enquête de Bankrate.

L’étude révèle que les dépenses excessives constituent le secret le plus répandu au sein des couples américains en ce qui a trait aux finances : 33 % des répondants avouent avoir dépensé plus que ce que leur partenaire accepterait.

Parmi les autres cachotteries fréquentes au sein des couples en rapport avec l’argent, 23 % des conjoints reconnaissent avoir contracté des dettes secrètes, 17 % cachent une carte de crédit à leur partenaire, 15 % détiennent un compte d’épargne dont ils ne lui ont jamais parlé et 13 % possèdent un compte courant secret.

Parmi les personnes en couple qui avouent avoir déjà commis une infidélité financière à l’égard de leur conjoint actuel, 31 % disent avoir dissimulé un détail financier par le passé et 21 % le font encore aujourd’hui.

LES JEUNES PLUS SUJETS AUX SECRETS FINANCIERS

Les jeunes sont plus enclins à l’infidélité financière que leurs aînés, selon l’enquête en ligne réalisée début décembre auprès de 2 217 adultes américains vivant en couple. En effet, 67 % des membres de la génération Z cohabitant sous le même toit ont déjà fait des cachotteries financières à leur partenaire, contre 54 % des millénariaux, 33 % de la génération X et 30 % des baby-boomers.

Entretenir des cachotteries financières dans le couple peut être lourd de conséquences. « Les secrets financiers peuvent fragiliser une relation. Il est déjà difficile d’atteindre ses objectifs financiers lorsque l’on avance ensemble, cela devient presque impossible si l’on va dans des directions opposées », avertit Ted Rossman, analyste principal chez Bankrate. Il ajoute qu’en finance comme dans d’autres domaines, l’harmonie du couple repose sur une communication ouverte.

AUSSI GRAVE QUE L’INFIDÉLITÉ PHYSIQUE

Si l’infidélité physique est généralement perçue comme une faute dans une relation, 45 % des Américains en couple estiment que l’infidélité financière est tout aussi grave, voire pire, rapporte l’étude. Parmi eux, 38 % considèrent qu’elle équivaut à une tromperie physique, tandis que 7 % la jugent encore plus sérieuse. En comparaison, un Américain sur trois (33 %) pense que le fait de dissimuler de l’argent à son conjoint reste moins grave que de le tromper physiquement.

Malgré leur goût pour la dissimulation financière envers le conjoint, 63 % des membres de la génération Z estiment que cette pratique est aussi répréhensible qu’une infidélité physique. Ce point de vue est partagé par 51 % des millénariaux, 45 % des membres de la génération X et 36 % des baby-boomers.

SÉPARER LES FINANCES : UNE PRATIQUE POPULAIRE

La majorité des couples américains est attachée à une certaine autonomie financière, démontre l’étude. D’une manière générale, 62 % des répondants gardent une partie de leur argent séparée. Cette proportion est plus importante chez la génération Z et moins forte chez les baby-boomers.

En outre, 46 % des jeunes de la génération Z et 41 % des millénariaux vivant en couple gardent leurs finances totalement séparées, contre 26 % des membres de la génération X et 15 % des baby-boomers.

Dans l’ensemble, 38 % des couples américains utilisent exclusivement des comptes conjoints, 34 % combinent comptes séparés et comptes communs, et 27 % gardent leurs finances entièrement séparées.

COMPTES SECRETS OU SÉPARÉS ?

Pour gérer les dépenses, plusieurs couples privilégient la méthode combinée : un compte personnel pour les petites folies de chacun et un compte commun pour les dépenses courantes. « Mon mari et moi utilisons la méthode “le tien, le mien et le nôtre” depuis 16 ans. Chacun dispose de 100 $ par mois à dépenser comme bon lui semble sur un compte personnel, une somme que nous appelons notre “mad money” », écrit Lowery, rédactrice en chef chez Bankrate, à propos de l’organisation financière de son couple.

Posséder des comptes distincts permet à chacun de mettre de l’argent de côté et de préserver une indépendance financière, notamment pour les femmes, dont les finances sont souvent moins solides que celles des hommes, estime la rédactrice. Cependant, elle précise qu’il faut faire une différence entre des comptes séparés et des comptes secrets. « Même si nous avons des comptes personnels, nous y avons tous les deux accès. Rien n’est caché ».

Ted Rossman ajoute que la transparence ne signifie pas qu’il faille tout fusionner. « Tant que les règles sont claires, conserver des comptes séparés ne relève pas de l’infidélité financière », signale-t-il.

COMMENT ÉVITER LES FAUX PAS

Pour rester sur la même longueur d’onde sur le plan financier, les conjoints peuvent construire un budget commun afin de partager les responsabilités financières et de suivre une feuille de route pour réaliser des objectifs communs. Les priorités peuvent être définies à deux et être ajustées au besoin en cours de route, avance-t-il.

Par ailleurs, qu’ils optent pour des comptes conjoints, séparés ou un mélange des deux, les conjoints doivent trouver l’équilibre qui leur convient, indique Ted Rossman. Posséder un compte commun pour les dépenses partagées et des comptes individuels pour les dépenses personnelles aide à maintenir une autonomie financière. Les couples peuvent également posséder une carte de crédit commune pour simplifier la gestion des dépenses.

Enfin, les conjoints doivent planifier des rencontres régulières afin de discuter des finances, d’ajuster les dépenses et de maintenir une communication ouverte. Ces rendez-vous sont aussi l’occasion de remettre les pendules à l’heure si les dépenses dérapent.

Abonnez-vous à nos infolettres

La rédaction