Les caisses de retraite américaines maintiennent le cap sur le climat

Par La rédaction | 15 April 2025 | Last updated on 14 April 2025
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Cellule dramatique puissante de tempête au-dessus de la plage d’océan
Philip Thurston / iStock

Alors que de grandes banques et sociétés de gestion d’actifs américaines tournent le dos aux objectifs climatiques, les caisses de retraite restent fidèles à leurs cibles de carboneutralité.

À contre-courant des pressions politiques croissantes, notamment après la réélection de Donald Trump, elles poursuivent leur action, indique Avantages, relayant des informations du New York Times.

En novembre dernier, la caisse de retraite des employés de la ville de New York (NYCERS), a ainsi rejoint la Net Zero Asset Owner Alliance, un groupe d’action climatique affilié aux Nations unies qui regroupe des investisseurs à long terme.

Un signal fort envoyé au lendemain des élections, même si le moment choisi n’était pas intentionnel, affirme Brad Lander, contrôleur responsable des finances de la ville de New York, qui supervise les investissements de cinq caisses de retraite publiques représentant 700 000 employés.

En mars, une décision de justice est venue conforter les caisses de retraite en confirmant le rejet d’une poursuite qui reprochait à trois caisses de désinvestir des placements dans le secteur des combustibles fossiles.

Pendant ce temps, l’alliance bancaire Net Zéro a perdu 17 membres majeurs en quatre mois. Le réseau équivalent pour les gestionnaires d’actifs — autrefois soutenu par BlackRock — a suspendu ses activités.

Face au désengagement des gestionnaires américains, certaines caisses se tournent vers l’Europe. C’est le cas de The People’s Pension, un fonds britannique de près de 41 milliards de dollars américains (G$ US), qui a retiré la majorité de ses actifs de State Street, un gestionnaire d’actifs de Boston, pour les confier à la française Amundi et à Invesco, jugées plus alignées avec ses engagements en matière de durabilité.

Récemment, un groupe de 27 caisses de retraite — principalement européennes — a exhorté les gestionnaires d’actifs à muscler leur gouvernance climatique et à demeurer engagés dans les coalitions internationales, soulignant un écart grandissant entre leurs attentes et les actions concrètes de leurs partenaires financiers.

Des caisses de retraite interpellent par ailleurs les banques pour qu’elles dévoilent la part de leurs investissements dans les énergies fossiles comparée aux énergies propres, et pressent les compagnies d’électricité d’adopter des cibles climatiques ambitieuses.

Elles affirment ne pas être guidées par des convictions politiques, mais par la recherche de rendements durables à long terme, passant par une gestion du risque climatique et par le respect de leur devoir fiduciaire envers leurs membres, qui, parfois, n’arrêteront de travailler que dans plusieurs décennies.

Selon une étude de Principles for Responsible Investment, les caisses de retraite sont d’ailleurs plus enclines que les gestionnaires d’actifs à intégrer les risques climatiques à long terme et à utiliser l’analyse de scénarios climatiques dans leurs stratégies.

Cependant, même en Europe, les progrès ralentissent. Une responsable de l’investissement responsable au sein de Nest (62 G$ US d’actifs), évoque la pression des coûts énergétiques comme frein temporaire. « Ces défis existent, mais notre rôle, en tant qu’investisseurs à long terme, est de maintenir le cap et de rappeler que la transition est inévitable. Il faut s’y préparer dès maintenant. »

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La rédaction