Les Canadiens nagent dans l’incertitude économique

Par La rédaction | 18 July 2025 | Last updated on 17 July 2025
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Point d’interrogation, choix de l’esprit avec l’homme d’affaires pensant.
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Nombre de Canadiens ont l’impression que leur vie est en suspens, en raison de l’incertitude économique, révèle l’Indice des dettes à la consommation de MNP qui demeure stable après deux suspensions des hausses de taux d’intérêt.

L’Indice des dettes à la consommation de MNP s’est en effet maintenu à 88 points ce trimestre.

COMME AU TEMPS DE LA PANDÉMIE

En dépit de cette stabilisation de l’Indice, le coût de la vie et le contexte d’incertitude économique continuent de peser lourd sur les ménages, note MNP.

Près de deux Canadiens sur trois (64 %) estiment qu’une baisse des taux d’intérêt est nécessaire, une proportion comparable à celle du trimestre précédent.

En outre, 36 % ressentent de l’anxiété ou du stress par rapport à leur situation financière.

De même, 26 % des répondants ont l’impression de devoir suspendre leurs projets ou d’éteindre constamment des feux à mesure que de nouvelles dépenses imprévues surgissent (24 %).

« La population canadienne n’a pas vu pareille incertitude économique depuis la pandémie de COVID-19. Plusieurs ménages ont l’impression d’avoir mis leur vie sur pause et préfèrent limiter leurs dépenses le temps de laisser retomber la poussière, en dépit des perceptions d’une conjoncture économique plus stable », commente Grant Bazian, président de MNP.

ENTRE STRESS ET STAGNATION

D’après le sondage, les jeunes adultes et les ménages à faible revenu sont parmi les plus susceptibles de subir un stress financier ou d’avoir le sentiment que leur situation n’évolue pas.

De fait, 33 % des répondants de 18 à 34 ans ont l’impression de stagner ou que leur vie est en suspens. Ce sentiment touche particulièrement ceux dont le revenu de ménage est inférieur à 40 000 $ (30 %).

Un tiers (32 %) des répondants se sentent obligés de vivre d’une paie à l’autre, une réalité qui concerne particulièrement les 18 à 34 ans (37 %) et les 35 à 54 ans (39 %), ainsi que ceux qui gagnent moins de 40 000 $ (45 %).

Toutefois, les 18 à 34 ans (32 %) sont aussi moins nombreux à gérer prudemment leur argent en raison de pressions financières, comparativement à l’ensemble des répondants (37 %).

Par ailleurs, 41 % des répondants ont réduit leurs dépenses discrétionnaires à cause des pressions financières actuelles.

Le tiers (33 %) des répondants épargnent davantage ou se constituent un fonds d’urgence, tandis que 27 % s’affairent à rembourser leurs dettes.

Près du quart (23 %) reportent leurs projets de vie, que ce soit acheter une maison, fonder une famille ou changer de carrière.

Les 18 à 34 ans sont les plus susceptibles de réviser leurs plans (33 %).

LE SPECTRE DE LA HAUSSE DES TAUX D’INTÉRÊT

Selon l’Indice, une proportion croissante de répondants exprime des préoccupations quant à la possibilité que la hausse des taux d’intérêt les contraigne à déclarer faillite (41 %, +3 points de pourcentage), et ce, bien que les taux soient restés stables à deux reprises cette année.

De plus, une part importante d’entre eux (45 %, +2 points de pourcentage) s’inquiètent toujours de leur capacité à rembourser leurs dettes, même si les taux d’intérêt venaient à diminuer.

UN RECUL DE L’ENDETTEMENT ?

Un tiers des répondants (33 %, +3 points de pourcentage) s’attendent à voir leur situation d’endettement s’améliorer d’ici un an et une plus grande proportion de répondants (40 %, +1 point de pourcentage) croient qu’elle s’améliorera dans cinq ans.

Au contraire, 13 % s’attendent à ce qu’elle s’aggrave sur ces deux périodes.

Pour ce trimestre, moins de répondants pensent pouvoir assumer tous leurs frais de subsistance au cours de la prochaine année sans s’endetter davantage (54 %, -4 points de pourcentage).  

Pourtant, des données montrent que certains Canadiens reprennent partiellement le contrôle de leur situation financière, malgré l’incertitude économique.

En moyenne, le montant dont disposent les ménages à la fin du mois s’établit maintenant à 916 $, une augmentation de 49 $ par rapport au trimestre précédent.

Selon MNP, il s’agit du deuxième montant le plus élevé enregistré depuis la création de l’Indice en 2017. Ce résultat pourrait indiquer que les Canadiens augmentent leur épargne en prévision de possibles perturbations économiques.

Les augmentations étaient plus marquées chez les répondants de 55 ans et plus (+84 $) et ceux de ménages à revenu moyen et élevé.

Les ménages qui gagnent entre 60 000 $ et 100 000 $ ont connu la plus importante hausse (+260 $), suivis de ceux qui gagnent 100 000 $ ou plus (+129 $).

À DEUX DOIGTS D’ÊTRE INSOLVABLE

Parallèlement, « environ 14 millions de Canadiens frisent l’insolvabilité et ont de la difficulté à composer avec des dépenses imprévues ou des perturbations dans leurs revenus », signale M. Bazian.

Ainsi, deux Canadiens sur cinq (42 %, -1 point de pourcentage) déclarent qu’ils sont chaque mois à 200 $ ou moins de l’insolvabilité.

D’ailleurs, plus d’un quart (27 %, +1 point de pourcentage) sont insolvables, souligne MNP.

Près de la moitié des répondants (46 %, +3 points de pourcentage) regrettent les dettes qu’ils ont contractées au cours du trimestre, et deux répondants sur cinq (44 %, +2 points de pourcentage) s’inquiètent de leur niveau d’endettement actuel.  

Ipsos a compilé les résultats du sondage trimestriel mené auprès de 2 000 Canadiens âgés d’au moins 18 ans, entre le 9 et le 13 juin 2025, pour le compte de MNP.

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La rédaction