Les Canadiens obligés d’économiser radicalement

Par La rédaction | 15 October 2025 | Last updated on 14 October 2025
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Une balance, d'un côté il y a des sous, de l'autre, il y a un panier d'épicerie.
zhuweiyi49 / iStock

L’incertitude économique pèse sur les Canadiens. L’accentuation de la pression financière a obligé nombre d’entre eux à choisir entre chauffer leur logement ou manger, révèle l’Indice des dettes à la consommation de MNP.

Alors que 29 % des Canadiens réduisent leur consommation d’énergie, 24 % coupent dans leur alimentation ; des efforts nécessaires selon eux pour économiser. Ces choix reflètent la pression toujours plus forte sur le budget des ménages.

L’Indice des dettes à la consommation de MNP a d’ailleurs perdu deux points pour s’établir à 86, son niveau le plus bas pour un mois de septembre depuis 2023.

« Certains ménages n’ont tellement plus de marge de manœuvre qu’ils peinent à s’acquitter de leurs dépenses de base, s’inquiète Grant Bazian, président de MNP. Lorsque l’on doit couper dans les dépenses d’épicerie, de chauffage ou de soins médicaux, on ne parle plus vraiment de budget, mais de survie au jour le jour. Une telle pression crée une forte charge émotionnelle. »

Outre ces répondants, les Canadiens ont trouvé d’autres façons d’économiser. Plus de la moitié (51 %) avouent faire leur épicerie de façon stratégique traquant les rabais et les coupons pour baisser leur facture d’épicerie. Un autre 45 % évitent autant que possible les achats impulsifs ou les sorties au restaurant et 19 % coupent dans les soins dentaires et médicaux.

Malgré ces économies, le coussin financier des Canadiens fond. En effet, 48 % affirment que 200 $ ou moins les séparent de l’incapacité à payer leurs factures chaque mois, une hausse de six points de pourcentage depuis le dernier trimestre.

Le montant moyen restant aux ménages une fois les dépenses mensuelles payées a reculé, passant de 916 $ à 744 $. La situation est encore plus difficile pour les jeunes de 18 à 34 ans et les ménages à revenu moyen (60 000 $ à 100 000 $), qui n’ont plus en moyenne que 651 $ (en baisse de 269 $) et 727 $ (en baisse de 397 $) à la fin du mois.

« Les ménages canadiens ont si peu d’argent disponible à la fin du mois, que même une petite dépense imprévue peut les amener à recourir à du crédit à intérêt élevé, constate Grant Bazian. Ils peuvent alors se retrouver dans une spirale qui devient vite ingérable. Des clients nous avouent se sentir à court d’options. Or, laisser aller les choses trop longtemps rend la recherche de solutions encore plus difficile. »

MARCHÉ DE L’EMPLOI ET IA AU CŒUR DES INQUIÉTUDES

Les Canadiens doutent de leur capacité à faire face à des perturbations dans leurs revenus dans un contexte de ralentissement du marché de l’emploi. Ils se disent d’ailleurs plus nombreux qu’au trimestre précédent à craindre de ne pas pouvoir composer avec une éventuelle perte d’emploi. D’autant que seuls 46 % des Canadiens disposent d’un fonds d’urgence couvrant leurs dépenses pour une période de six mois.

L’intelligence artificielle (IA) est un autre sujet d’inquiétude. Près de la moitié (44 %) redoutent des répercussions négatives de l’IA sur leur emploi ou leurs revenus. 

« Il est préoccupant de voir un si grand nombre de Canadiens craindre les effets de l’IA sur leur emploi et leurs revenus, particulièrement lorsque la plupart se sentent déjà vulnérables sur le plan financier et ne disposent pas du filet de sécurité nécessaire en cas d’imprévus, commente Grant Bazian. L’anxiété est encore plus grande chez les jeunes et les personnes à faible revenu, puisque beaucoup ne disposent pas de l’épargne sur laquelle ils pourraient se rabattre. Dans leur cas, l’IA ne représente pas seulement une menace pour l’avenir, mais une épée de Damoclès sur leur niveau de vie actuel. »

L’ENDETTEMENT, UN NUAGE À L’HORIZON

Le pointage net de la situation financière des Canadiens a reculé de trois points ce trimestre pour atteindre +18, son plus bas niveau pour un mois de septembre depuis 2023. À peine un tiers des répondants (37 %, en baisse de deux points de pourcentage) jugent leur situation d’endettement excellente, tandis qu’un sur cinq (19 %, en hausse d’un point de pourcentage) la qualifie d’épouvantable.

Les Canadiens attendent désespérément une baisse de taux de la Banque du Canada. En fait 42 % révèlent qu’une éventuelle hausse de taux pourrait les pousser à la faillite. 

« Pour les Canadiens déjà fortement endettés, une baisse des taux ne suffira pas à renverser la vapeur, explique Grant Bazian. En fait, le soulagement offert par une baisse des taux peut être temporaire, alors que le stress financier demeure bien présent si la dette persiste. Une consultation avec un syndic autorisé en insolvabilité n’est pas un dernier recours : c’est la meilleure décision possible pour reprendre plus rapidement le contrôle de ses finances et éviter des dommages à plus long terme. »

Les répondants sont nettement moins nombreux ce trimestre à croire que leur situation d’endettement s’améliorera au cours de la prochaine année (26 %, en baisse de sept points). À plus long terme, un peu plus du tiers (36 %, en recul de quatre points) anticipent une amélioration d’ici cinq ans.

UNE SITUATION DÉSESPÉRÉE

Le rapport semble indiquer que les Canadiens sont à court d’options. Près du tiers (30 %) disent ne pas prévoir épargner davantage au cours de la prochaine année et seulement 15 % entendent établir un budget pour leur ménage ou réviser leur budget actuel.

En outre, 10 % sont à la recherche d’un logement plus abordable, 10 % parlent de couper dans leur alimentation et 12 % dans leurs dépenses énergétiques.

« Lorsque les coûts forcent les ménages à choisir entre chauffer leur logement ou mettre de la nourriture sur la table, ce ne sont plus seulement les finances personnelles qui sont affectées, c’est aussi la tranquillité d’esprit, conclut Grant Bazian. Un syndic autorisé en insolvabilité fait beaucoup plus que régler les dettes des clients : il les écoute, les aide à protéger leurs biens et leur propose des options dont ils ignoraient peut-être l’existence. Il est toujours possible d’avancer, même dans les moments les plus difficiles. »

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