Les Canadiens redoutent une année économique difficile

Par La rédaction | 20 January 2026 | Last updated on 19 January 2026
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Femme stressée à la maison, vérifiant des factures d'électricité et de ménage onéreuses, concept de finance domestique
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Les Canadiens entrevoient une année difficile à l’horizon, selon l’Indice des dettes à la consommation de MNP. Ce pessimisme ne se limite pas qu’aux prix, mais traduit un sentiment général selon lequel l’économie risque de se détériorer en 2026.

L’indice montre que 59 % des Canadiens s’attendent à un recul de l’économie dans son ensemble, une proportion identique à celle qui anticipe une détérioration de l’abordabilité des logements. Plusieurs répondants prévoient également une intensification des pressions liées aux taux d’intérêt et à l’inflation (54 %), au chômage et au marché de l’emploi (52 %), ainsi qu’aux relations entre le Canada et les États-Unis (51 %).

En outre, ils sont nombreux à juger probable une hausse des impôts (53 %), alors que d’autres pensent que les coûts de transport (50 %) et de santé (48 %) vont augmenter.

Près des deux tiers des répondants s’inquiètent de la montée de la pauvreté et des inégalités (62 %), ainsi que de l’aggravation de la dette et du déficit publics (66 %)

UNE PRISE EN MAIN OU… LA FUITE

D’après l’Indice, face à des pressions financières grandissantes, les Canadiens ne réagissent pas tous de la même façon.

Ainsi, 59 % des répondants décident de prendre les choses en main en :

  • revoyant leur budget (43 %),
  • consolidant leurs dettes (12 %),
  • et en faisant appel à un conseiller (11 %).

Au contraire, 32 % choisissent de fuir la réalité en :

  • évitant de penser à leurs finances (12 %),
  • esquivant les discussions sur l’argent (15 %),
  • et en se tournant vers le crédit pour payer leurs dépenses essentielles (17 %).

Par ailleurs, 15 % des personnes sondées disent se figer face au stress financier, ne sachant pas par où commencer, ce qui complique toute reprise en main.

Parmi les générations, les Canadiens âgés de 18 à 34 ans sont les plus enclins à choisir la fuite (51 %), de même que les personnes dont les revenus sont inférieurs à 40 000 $ (34 %).

Les 18-34 ans sont aussi les plus susceptibles de se sentir paralysés financièrement (23 %) et à éviter de parler d’argent (22 %).

DES TAUX D’INTÉRÊT QUI PÈSENT LOURD

Même si la Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 %, près de deux répondants sur trois (64 %, +1 point) ont désespérément besoin de les voir diminuer.

Près de la moitié des personnes sondées (48 %, +4 points) s’inquiètent toujours de leur capacité à rembourser leurs dettes, même si les taux d’intérêt devaient baisser davantage.

Plus de deux personnes sur cinq (44 %, +2 points) craignent qu’une hausse des taux d’intérêt les conduise à la faillite.

UN MOTIF D’OPTIMISME

En dépit de ces préoccupations, il existe tout de même une raison d’être optimiste, signale MNP dans son communiqué.

De fait, pour la première fois depuis sa création, l’Indice termine décembre en hausse, pour s’établir à 87 points, mettant fin à des années de tendance négative.

Concrètement, cela signifie que certaines personnes disposent d’une meilleure marge de manœuvre.

Ainsi, 41 % déclarent qu’ils sont chaque mois à 200 $ ou moins de l’insolvabilité, ce qui représente une baisse de 7 points par rapport au trimestre dernier.

« Il s’agit du résultat le plus faible enregistré depuis la fin de la pandémie », souligne MNP.

En moyenne, les Canadiens disposent de 907 $ à la fin du mois, une augmentation de 163 $ par rapport au trimestre précédent.

Si ces gains indiquent un certain répit financier, seulement 47 % des Canadiens disposent toutefois d’un fonds d’urgence couvrant leurs dépenses pour une période de six mois.

Le sondage réalisé par Ipsos, pour le compte de MNP, a été mené entre le 28 novembre et le 1er décembre 2025 auprès de 2 001 Canadiens d’au moins 18 ans. 

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La rédaction