Les Canadiens utilisent l’IA, mais lui font peu confiance

Par La rédaction | 27 June 2025 | Last updated on 26 June 2025
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Homme d'affaires travaillant avec un système d'analyse et de gestion de données sur ordinateur, gestion de documents en ligne et mesures connectées à une base de données. Stratégie d'entreprise pour les finances, les opérations et les ventes..
Sittipol-Sukuna / iStock

Près d’un travailleur sur deux de la génération Z utilise l’intelligence artificielle (IA) sans en informer son patron. Ce chiffre, tiré d’un sondage mené pour la TD, illustre à quel point l’IA s’est infiltrée dans le quotidien professionnel… sans toujours inspirer la confiance.

Le nouveau rapport de la TD sur l’IA 2025, basé sur un sondage Ipsos mené en mars auprès de 2 500 Canadiens, met aussi en lumière un important décalage entre l’usage croissant de l’IA et le niveau de confiance que lui accordent les Canadiens.

La majorité des répondants s’attribuent une note C pour leurs compétences en IA. Seuls 3 % estiment mériter un A, tandis que 21 % s’accordent un échec (note F). Pourtant, 72 % d’entre eux ont réussi un test de connaissances sur l’IA, signe qu’ils sous-estiment leurs compétences.

Si 87 % des personnes interrogées se disent à l’aise avec les technologies en général, cette aisance ne se traduit pas toujours par une maîtrise réelle de l’IA, nuance le rapport.

L’IA S’INVITE AU TRAVAIL, DISCRÈTEMENT
Des outils basés sur l’intelligence artificielle, comme ChatGPT ou Perplexity, sont de plus en plus présents dans le quotidien professionnel… souvent à l’insu des employeurs. En effet, 34 % des travailleurs canadiens déclarent en faire usage sans en informer leur supérieur, un phénomène particulièrement marqué chez les jeunes : 48 % des membres de la génération Z l’utilisent de manière autonome.

Malgré tout, les avantages perçus sont bien réels : 56 % des répondants affirment que l’IA facilite leur vie, et 69 % des travailleurs de la génération Z estiment qu’elle les rend plus productifs. Ce taux chute à 50 % chez les membres de la génération X et à 38 % chez les baby-boomers.

UNE CONFIANCE FRAGILE
Malgré cette utilisation croissante, la confiance reste le talon d’Achille de l’IA. Seuls 43 % des Canadiens considèrent cette technologie comme une source d’information fiable, loin derrière des sources comme les amis et la famille (90 %), les pharmaciens (89 %) ou les banques (81 %). L’IA se situe même derrière les médias traditionnels (62 %), mais devance toutefois les influenceurs sur les réseaux sociaux (19 %).

« Si on ne comprend pas comment fonctionne une technologie ou comment elle peut nous aider, on est moins susceptible de lui faire confiance, explique Christine Morris, première vice-présidente à la direction du Groupe Banque TD. Alors que l’IA prend de l’ampleur dans la façon dont nous servons nos clients, notre responsabilité est de la rendre compréhensible, accessible, sûre et fondée sur leurs besoins. »

Pour Luke Gee, chef Analyses et Intelligence artificielle du Groupe Banque TD, la construction de la confiance passe par « une gestion prudente et une surveillance humaine continue ».

L’institution s’appuie notamment sur un cadre de gouvernance pour encadrer le développement de ses outils fondés sur l’IA.

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La rédaction