Les dangers des outils de planification successorale

Par La rédaction | 21 May 2025 | Last updated on 20 May 2025
4 min read
Businessman separates the wooden puzzle with a picture of money. The concept of financial management and distribution of funds. Saving and investing. Property division. Divorce and legal services alternate text for this image
Photo : Andrii Yalanskyi / istockphoto

La popularité des outils de planification successorale n’est plus à prouver. Leur adoption n’a cessé de croître ces dernières années, d’autant plus que les clients attendent toujours davantage de la part de leurs conseillers. Mais attention à ne pas utiliser ces outils à la légère, mettent en garde des avocats interrogés dans le cadre d’un article du Financial Plannings.

La pénétration des outils de planification successorale est extrêmement rapide. Selon l’enquête sur les logiciels des conseillers de Technology Tools for Today (T3)/Inside Information, le taux de pénétration a plus que doublé en deux ans, passant de 15,84 % à 43,28 %.

William Trout, directeur des titres et des investissements à la société de données technologiques Datos Insights, énumère plusieurs facteurs qui pourraient expliquer cette popularité, notamment :

  • l’évolution démographique avec le vieillissement des baby-boomers,
  • la demande croissante des clients pour une planification financière complète,
  • l’accessibilité de la planification successorale à un plus grand nombre de clients,
  • et la recherche par les conseillers de moyens d’ajouter de la valeur et de différencier leurs services.

Sans compter que les clients demandent de plus en plus aux conseillers de faire un lien entre leurs investissements, leurs impôts et la planification de leur héritage.

PLUSIEURS OUTILS DE LA SORTE

Parmi les outils de planifications successorales, on peut notamment citer Wealth.com. Son PDG et cofondateur de Wealth.com, Rafael Loureiro, prédit un avenir brillant pour sa société. Son entreprise travaille désormais sur la base d’une tarification par siège avec plus de 1 000 entreprises représentant plus de 15 000 milliards de dollars d’actifs, selon ses chiffres.

Vanilla est un autre outil du genre. Récemment, Vanilla a annoncé un partenariat avec Mariner, donnant accès à plus de 700 conseillers gérant 560 milliards de dollars d’actifs. Vanilla propose notamment des outils permettant aux conseillers d’estimer les répercussions potentielles de l’impôt fédéral et des impôts d’État sur les successions de leurs clients. La plateforme est d’ailleurs largement utilisée par des avocats pour simplifier l’intégration des clients et illustrer le fonctionnement de plans successoraux complexes.

Un autre concurrent dans ce domaine est Trust & Will. Toutefois, la plateforme offre moins de fonctionnalités conçues spécifiquement pour les conseillers, puisqu’elle visait d’abord le marché des particuliers avant d’élargir son offre aux entreprises.

LA PRUDENCE EST DE MISE

Face à cette explosion de popularité, nombre de professionnels, notamment les avocats recommandent la prudence. Ces derniers comprennent l’engouement face à ces applications qui laissent penser que l’on peut se passer des services d’un avocat dispendieux, toutefois ils soulignent que les risques encourus sont énormes.

Le premier risque est que les utilisateurs ne comprennent pas bien ces outils et que la planification successorale ainsi mise en place ne suffise pas lorsque des événements inattendus surviennent. Les fiducies sont ainsi très complexes tout comme la désignation des bénéficiaires. Lorsque surviennent des situations complexes — comme un décès dans un ordre inattendu, un remariage, l’ajout de beaux-enfants à la famille ou la présence d’enfants ayant des besoins particuliers ou des problèmes de dépendance — il est essentiel de les prendre en compte dans la planification successorale à l’aide de documents et de stratégies adaptés.

Le problème, c’est que beaucoup de gens croient à tort avoir un patrimoine simple, alors qu’en réalité, la majorité possède des situations financières ou familiales complexes. Ils ne réalisent pas à quel point un plan successoral mal conçu peut devenir un véritable casse-tête pour leurs héritiers.

Et bien souvent, ce sont les avocats qui doivent intervenir pour réparer les erreurs, ce qui entraîne des frais juridiques potentiellement bien plus élevés que ceux qu’on aurait engagés en planifiant correctement dès le départ.

Sans compter que des problèmes de succession peuvent détruire les relations familiales.

UN AJOUT CONSIDÉRABLE

Rafael Loureiro estime que les avocats sont particulièrement alarmistes. Selon lui, c’est l’une des raisons qui expliquent pourquoi nombre de personnes n’ont aucun plan successoral.

Il rappelle ainsi que mourir sans plan successoral est l’une des principales causes de pertes financières pour les familles, de conflits successoraux et de rupture des relations entre clients et conseillers. Il estime que les conseillers ont un grand rôle à jouer pour amener leurs clients à songer à leurs objectifs successoraux. Selon lui, un plan successoral est le prolongement naturel de tout plan financier bien conçu.

Aider un client à clarifier sa mission familiale, sa stratégie philanthropique ou la disposition de ses actifs fait pleinement partie du rôle du conseiller. Il souligne ainsi que même sans offrir directement des services de planification successorale, les conseillers peuvent ajouter une grande valeur en aidant leurs clients à cerner leurs objectifs et à anticiper les risques avant même de consulter un avocat.

Abonnez-vous à nos infolettres

La rédaction