Les décideurs politiques canadiens confrontés à l’IA

13 May 2025 | Last updated on 12 May 2025
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Homme d’affaires et robot se serrant la main. Caractère de robot aider un homme.
Guzaliia Filimonova / iStock

Si l’on met de côté la question de l’impact de l’intelligence artificielle (IA) sur les activités de conseil financier, le potentiel de la technologie en tant que stimulant de la productivité pour l’ensemble de l’économie canadienne est devenu encore plus urgent cette année. Les décideurs politiques du pays cherchent tous les leviers possibles pour maintenir un niveau raisonnable de croissance du PIB dans le contexte d’une guerre commerciale mondiale.

Un nouveau rapport publié conjointement par l’Institut Macdonald-Laurier et la Fondation pour les technologies de l’information et l’innovation (ITIF) indique que nous risquons de nous mettre des bâtons dans les roues.

« Le Canada a un choix à faire », écrivent Lawrence Zhang, responsable des politiques du Centre pour l’innovation et la compétitivité canadiennes de l’ITIF, et Daniel Castro, vice-président de l’ITIF et directeur de son Centre pour l’innovation en matière de données. « Il peut capitaliser sur sa recherche révolutionnaire et ses talents de premier plan en matière d’IA pour rester à l’avant-garde de l’économie mondiale de l’IA ou risquer de gaspiller son avantage précoce en hésitant au seuil de l’adoption en se concentrant sur la réglementation plutôt que sur le déploiement. »

Le document, intitulé « Canada should harness its AI advantage, not squander it » (« Le Canada devrait exploiter son avantage en matière d’IA, et non le gaspiller »), formule six recommandations à l’intention des décideurs politiques :

  • Se concentrer sur les industries où l’IA peut faire le plus de bien, mais où l’adoption est trop lente.
  • Construire des écosystèmes de données de haute qualité et promouvoir l’accès partagé au niveau national.
  • Investir dans la formation des compétences.
  • Ne pas entraver l’innovation par des réglementations inutiles.
  • Se concentrer sur un « suivi post-déploiement fondé sur des données probantes ».
  • Mettre l’IA au service du secteur public.

« À une époque où l’IA va tout améliorer, du rendement des cultures à la détection du cancer, la priorité centrale devrait être d’accélérer l’adoption de l’IA pour stimuler la prospérité économique du Canada et la qualité de vie de ses citoyens, écrivent les auteurs, et non d’imposer des obstacles à l’innovation par une réglementation excessivement précautionneuse de cette technologie émergente. »

Cela fait partie des tests auxquels sont confrontés les représentants du gouvernement qui affirment qu’ils vont réparer le déficit de productivité économique de longue date du Canada, et qu’ils le pensent vraiment cette fois-ci.

ACCÈS À L’INFORMATION

Emily Prince, responsable de l’analyse chez LSEG, était à Toronto récemment pour expliquer comment le fournisseur d’infrastructures et de données financières met l’IA à profit, malgré le manque d’harmonisation entre les régulateurs à l’échelle mondiale.

Son travail illustre parfaitement le potentiel de l’IA et les préoccupations soulevées dans le document de l’Institut Macdonald-Laurier et de l’ITIF.

« Je veux être en mesure de fournir des informations opportunes et fiables à n’importe qui dans le monde, exactement quand il en a besoin, a déclaré Emily Prince. Grâce à l’IA, nous pouvons résoudre de nombreux problèmes inhérents qui ont rendu la démocratisation de ces informations beaucoup plus difficile. »

LSEG a lancé un produit analytique d’IA qui permet aux utilisateurs de tirer des informations des modèles financiers de l’organisation en utilisant des entrées en langage naturel.

« Ce genre de choses est très important, non seulement du point de vue de l’efficacité, mais aussi du point de vue de l’accessibilité », a-t-elle déclaré.

Mais pour parvenir à une accessibilité véritablement mondiale, il faut des normes internationales qui ne sont que trop rares.

« Plus nous parviendrons à un alignement mondial, en ce qui concerne la manière dont les régulateurs envisagent l’IA, plus nous créerons un cadre, a soutenu Emily Prince. Plus il y a de variations, plus il est difficile d’avoir un cadre cohérent. Nous avons tendance à nous retrouver avec une sorte d’approche du plus petit dénominateur commun ».

D’après son expérience, les régulateurs du monde entier comprennent cela. « Je ne pense pas que nous soyons dans une situation où la réglementation nous empêche d’avancer », a-t-elle déclaré.

Et leurs homologues canadiens ? Restez à l’écoute.

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