Les hausses de revenus n’arrivent pas à propulser les bénéfices des banques

Par James Langton | 18 December 2024 | Last updated on 17 December 2024
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Signe de pourcentage au-dessus des piles de pièces avant le graphique financier bleu
MicroStockHub / iStock

Les grandes banques canadiennes terminent l’année avec une forte croissance de leurs revenus, mais cela ne se traduit pas toujours par une amélioration des bénéfices, selon Fitch Ratings.

Dans un rapport récent, l’agence de notation indique que les revenus globaux ont augmenté de 4 % d’un trimestre à l’autre pour le quatrième trimestre de l’exercice (terminé le 31 octobre) et de 13 % sur une base annuelle pour les six grandes banques et le Mouvement Desjardins (fin du trimestre le 30 septembre).

Cependant, « la dynamique robuste des ventes […] n’a pas permis à certaines banques d’augmenter leurs bénéfices », note Fitch Ratings, le revenu net global ajusté ayant baissé de 9 % sur une base trimestrielle pour le groupe.

« Les résultats ont été principalement tirés par l’amélioration des volumes et des marges dans les services bancaires personnels et commerciaux au Canada », souligne l’agence, notant que les réductions de taux « ont stimulé l’activité des prêts hypothécaires et des prêts aux entreprises ».

La croissance des prêts a augmenté de 1 % sur une base trimestrielle et de 6 % d’une année sur l’autre, rapporte Fitch Ratings, « les prêts hypothécaires canadiens étant à l’origine d’une bonne partie de cette croissance ».

Toutefois, la baisse des taux a également « entraîné une croissance modérée des volumes de gestion de patrimoine » et l’activité des marchés de capitaux « a été confrontée à des défis en raison de l’incertitude à l’approche des élections américaines de novembre », ajoute l’agence de notation.

Les banques ont également fait état d’une augmentation des dépenses et des provisions pour crédit, ce qui a également pesé sur les bénéfices.

Les dépenses d’exploitation globales ont augmenté de 2 % d’un trimestre à l’autre, constate Fitch Ratings, « car les banques ont achevé de nombreux plans d’efficacité », qui ont été annoncés au quatrième trimestre de 2023 et au premier trimestre de 2024.

« Cela a conduit les banques à afficher un levier d’exploitation positif, qui a atteint 10 % [d’une année sur l’autre] », selon l’agence de notation.

Dans le même temps, les provisions pour pertes sur prêts ont également continué à augmenter au cours du trimestre.

« Cette tendance reste principalement le fait de quelques banques », commente Fitch Ratings.

La Banque Royale du Canada a augmenté ses provisions en raison de la détérioration potentielle des conditions macroéconomiques et de l’incertitude entourant les politiques protectionnistes de la nouvelle administration américaine, tandis que les provisions de la Banque Scotia continuent d’être alimentées par ses portefeuilles de détail en Amérique latine. La Banque de Montréal, quant à elle, a vu ses provisions augmenter « en raison d’une migration négative et de pertes élevées dans ses portefeuilles de gros ».

Pour l’avenir, Fitch Ratings s’attend à ce que les banques « continuent à produire une croissance à un chiffre des prêts hypothécaires en 2025, car les taux d’intérêt plus bas et les initiatives gouvernementales améliorent l’accessibilité pour l’emprunteur canadien moyen. Cependant, le ralentissement des tendances économiques pourrait avoir un impact négatif sur les impayés, qui ont tendance à augmenter ».

Bien que la croissance des dépôts ait été « saine » au quatrième trimestre, Fitch Ratings estime que la baisse des taux d’intérêt « intensifiera probablement la concurrence sur les dépôts au cours des prochains trimestres ».

Les niveaux de capital des banques sont également solides, selon l’agence, et le régulateur bancaire fédéral, le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF), doit prendre une décision sur les exigences en matière de coussin de capital des banques le 17 décembre.

« Bien que le régulateur puisse réduire ce niveau pour permettre l’extension du crédit dans une économie plus faible, les vents contraires potentiels du commerce pourraient inciter le BSIF à maintenir le [tampon] à 3,5 % », prévient Fitch Ratings.

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James Langton

James Langton est journaliste pour Advisor.ca et Investment Executive. Depuis 1994, il fait des reportages sur la réglementation, le droit des valeurs mobilières, l’actualité de l’industrie et plus encore.