Les notes AAA du Canada sont probablement sûres, pour l’instant

Par James Langton | 22 July 2025 | Last updated on 21 July 2025
3 min read
Train de marchandises circulant le long de la rivière Bow dans les Rocheuses canadiennes, Alberta, Canada.
4FR / iStock

Alors que le gouvernement fédéral prévoit une forte augmentation des dépenses de défense, ce qui risque d’accroître la dette et de dégrader le bilan du gouvernement, la cote de crédit souveraine de premier ordre du Canada devrait se maintenir, car la plupart de ses pairs augmenteront également leurs dépenses, évalue le Mouvement Desjardins.

Dans un nouveau rapport, les économistes de la firme examinent les implications pour la notation souveraine du Canada de la forte augmentation attendue des dépenses et de la dette publique découlant de la promesse du gouvernement de porter les dépenses militaires à 5 % du PIB d’ici 2035.

À l’heure actuelle, les trois grandes agences de notation — Standard & Poor’s, Moody’s Ratings et Fitch Ratings — attribuent respectivement les notes AAA, Aaa et AA+ à la dette du Canada.

« La cote de crédit souveraine du Canada figure actuellement parmi les meilleures de ses pairs, tels que le G7, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Espagne », souligne le rapport. Standard & Poor’s et Moody’s Ratings attribuent au pays la meilleure note possible, bien que Fitch Ratings ait abaissé sa note de AAA en 2021, en raison de la détérioration des finances publiques qui a accompagné la pandémie.

Si le gouvernement tient ses promesses d’augmenter fortement les dépenses publiques, il est probable que ses finances se détérioreront davantage.

« Sur la base des prévisions du FMI, la dette brute des administrations publiques du Canada en pourcentage du PIB devrait être supérieure d’environ 7 % si les dépenses de défense augmentaient pour atteindre 3,5 % du PIB d’ici 2030 au lieu de se maintenir au niveau de 2024, soit 1,4 % du PIB », indique le rapport. Ce calcul suppose qu’il n’y ait pas de nouvelles recettes ou de réductions des dépenses pour compenser l’augmentation des dépenses militaires.

Cependant, cela ne signifie pas nécessairement que la note souveraine du Canada va s’assombrir, car la plupart de ses pairs promettent également d’augmenter leurs dépenses de défense — et les notes souveraines impliquent à la fois des classements absolus et relatifs, rappellent les auteurs du rapport.

« Il s’agit d’un classement absolu en ce sens qu’il concerne l’évolution de l’encours de crédit d’un État souverain et sa capacité à assurer le service de sa dette, et d’un classement relatif en ce sens que l’évolution de la position de crédit d’autres États souverains est également prise en compte », précise le document.

Ainsi, bien que les finances du Canada semblent devoir se détériorer, « le pays devrait rester dans une situation budgétaire respectable par rapport aux économies avancées comparables », continue-t-il.

« Tant que les paiements d’intérêts resteront modérés en proportion des recettes, le Canada devrait conserver un niveau moyen de flexibilité budgétaire à l’avenir, même si les coûts du service de la dette continuent d’augmenter », ajoute le rapport.

Bien que les risques de dégradation des finances publiques aient augmenté, le document indique que ces risques ne sont pas suffisamment importants pour menacer la note souveraine à court terme.

« La barre pour un abaissement de la cote de crédit est haute, ce qui suggère que les choses devraient être bien pires qu’elles ne le sont aujourd’hui, et que tout nouvel abaissement de la cote de crédit se produirait probablement dans un avenir lointain, s’il se produisait », conclut-il.

Abonnez-vous à nos infolettres

James Langton

James Langton est journaliste pour Advisor.ca et Investment Executive. Depuis 1994, il fait des reportages sur la réglementation, le droit des valeurs mobilières, l’actualité de l’industrie et plus encore.