Les paiements hypothécaires : cauchemar des Québécois

13 May 2025 | Last updated on 12 May 2025
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Pourcentage et symbole de signe de maison icône en bois sur table en bois. Concepts d’intérêt de la maison, de l’immobilier, de l’investissement dans l’inflation.
sommart / iStock

Alors que les taux d’intérêt demeurent élevés et que le coût de la vie explose, devenir propriétaire est un parcours semé d’embûches pour de nombreux Canadiens — et encore plus pour les Québécois.

Selon un récent sondage de CPA Canada, près d’un tiers (32 %) des répondants de la belle province considèrent le montant élevé des paiements hypothécaires comme leur principale préoccupation, un pourcentage plus élevé que la moyenne nationale (30 %). Cette proportion est plus élevée chez les femmes et les adultes âgés de 35 à 54 ans.

À l’échelle du pays, c’est plutôt l’importance de la mise de fonds qui retient davantage les acheteurs potentiels de passer à l’action : 32 % des répondants la désignent comme le principal obstacle, contre 25 % au Québec.

Pour David-Alexandre Brassard, économiste en chef chez CPA Canada, cette distinction est révélatrice. « Les enjeux entourant l’accès à la propriété au Québec diffèrent de ceux qui prévalent dans le reste du Canada, mais positivement. La capacité d’emprunt semble être un obstacle plus important que la capacité à épargner, même quand la mise de fonds est substantielle », analyse-t-il.

PROPRIÉTAIRE OU LOCATAIRE?

Si la propriété reste un rêve à atteindre pour la majorité des répondants, un segment de Québécois (13 %) affirme préférer la flexibilité qu’offre la location, un chiffre un peu plus élevé que la moyenne canadienne (10 %). Dans le contexte économique actuel, la location pourrait représenter une solution de compromis plutôt qu’un choix assumé, signale le rapport.

Parmi les non-propriétaires, surtout chez les moins de 55 ans, plusieurs espèrent que les prix des maisons finiront par baisser. D’autres évoquent une incertitude quant à leur lieu d’établissement futur ou l’impossibilité actuelle de réunir les conditions financières nécessaires.

La situation économique vient aggraver les difficultés. Le coût de la vie, qui grimpe plus rapidement que les revenus pour bon nombre de ménages, est la principale préoccupation financière de 42 % des Québécois. Ce pourcentage rejoint la moyenne nationale, où 43 % des répondants canadiens affirment la même chose.

FONDS D’URGENCE NÉGLIGÉ

Ronald Gagnon, syndic autorisé en insolvabilité et vice-président chez BDO Solutions à l’endettement, observe deux tendances chez les ménages : une dépendance accrue au crédit et une érosion des fonds d’urgence. Seulement 3 % des Québécois non propriétaires disent prioriser l’épargne d’urgence, et plusieurs doivent recourir au crédit pour joindre les deux bouts, observe-t-il.

L’étude montre également que, malgré l’incertitude financière, les Québécois sont plus nombreux que la moyenne canadienne à vouloir augmenter leur épargne pour la retraite.

L’étude révèle par ailleurs que 60 % des Canadiens sont actuellement propriétaires de leur logement. Cette proportion est plus élevée chez les personnes de plus de 35 ans. Les plus jeunes, souvent confrontés à des revenus moindres et à des prix immobiliers élevés, vivent davantage en location ou chez des proches.

Les priorités financières évoluent aussi avec l’âge : les propriétaires cherchent surtout à rembourser leur hypothèque plus rapidement ou à épargner pour la retraite. Les Canadiens de 55 ans et plus, quant à eux, se tournent davantage vers des dépenses personnelles comme les voyages, tout en accordant une attention particulière à leur fonds d’urgence.

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