Les parents servent de filet de sécurité financière

Par La rédaction | 8 October 2025 | Last updated on 7 October 2025
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Rencontre intergénérationnelle familiale avec transmission de documents entre grands-parents et petits-enfants.
kate_sept2004 / iStock

L’interdépendance entre les générations prend de l’ampleur, alors que de plus en plus de parents et de grands-parents soutiennent financièrement leurs enfants adultes, révèle un rapport spécial de l’Indice de BMO sur l’amélioration des finances.

Si 73 % des parents et grands-parents ont bien l’intention de laisser un héritage, près de la moitié (45 %) envisagent de soutenir leurs enfants ou leurs petits-enfants d’ici l’an prochain. D’ailleurs, nombre de Canadiens comptent sur ce soutien pour assumer leurs dépenses quotidiennes, notamment les frais de garde d’enfants, de logement et autres.

Ainsi 14 % des millénariaux comptent sur leur famille pour les aider dans leurs frais généraux, contre 22 % des membres de la génération Z. Ces proportions tombent à 6 % et 16 % respectivement pour les prêts pour les études et à 11 % et 13 % quant aux frais liés aux enfants.

Environ 8 % des membres de la génération Z et des millénariaux s’attendent également à être soutenus par leurs proches pour cotiser à un REEE ou verser un acompte sur une première propriété.

Et cette attente semble fondée : parents et grands-parents répondent présents, selon le rapport de BMO, notamment pour aider les plus jeunes à couvrir :

  • leurs frais généraux (23 %) ;
  • les dépenses liées aux enfants (16 %) ;
  • les cotisations au REEE (9 %) ;
  • les prêts pour les études (9 %) ;
  •  et la mise de fonds pour l’achat d’une maison (6 %).

D’ailleurs la grande majorité des Canadiens (88 %) estiment que les parents doivent s’inquiéter de l’avenir économique de leurs enfants. Parmi les sujets d’inquiétudes, on retrouve l’éducation, l’avenir financier et les perspectives de carrière.

« Le marché du travail canadien s’est considérablement affaibli ces dernières années, d’abord sous l’effet des hausses des taux d’intérêt et de l’augmentation de l’offre de main-d’œuvre, puis en raison d’un contexte commercial très incertain qui pèse sur l’économie. Ces facteurs sont particulièrement évidents sur le marché du travail des jeunes : le taux de chômage des 15 à 24 ans a bondi à 14,5 % en août, soit plus du double du taux national de 7,1 % », rappelle Shelly Kaushik, économiste en chef, BMO.

« La croissance des salaires pour ce groupe a également ralenti de manière significative, s’établissant à 1,2 % en août par rapport à l’année précédente, contre 3,2 % pour l’ensemble des travailleurs. Au cours des trois années précédant le mois d’août, les salaires des jeunes ont augmenté à un taux annualisé de 3,6 %, ce qui est inférieur au rythme national de 4,4 % et à la croissance de 6,6 % des loyers, à l’augmentation de 4,7 % des coûts liés à l’accession à la propriété et à la hausse de 4,3 % des prix des produits alimentaires », continue-t-elle.

Dans un contexte de dépendance croissante au soutien intergénérationnel, le sondage s’intéresse à l’ampleur des transferts d’actifs et à la façon dont les Canadiens, et leurs familles, s’adaptent à l’évolution des attentes en matière de soutien financier et d’héritage.

UN HÉRITAGE ATTENDU

Ainsi, 73 % des Canadiens comptent laisser un héritage à leurs enfants et petits-enfants, notamment des biens personnels, des œuvres d’art, 65 % comptent transférer des biens immobiliers ou fonciers et 27 % envisagent de transmettre l’entreprise familiale.

Seuls 19 % pensent qu’ils ne transmettront que des dettes à la génération suivante.

Plus de la moitié des membres de la génération Z (53 %) et Y (51 %) comptent sur cet héritage, d’ailleurs 21 % des membres de la génération Z et 19 % des Y ont déjà reçu une partie ou le total de celui-ci alors que leurs parents sont encore en vie.

« Alors que de nombreux jeunes Canadiens doivent composer avec la conjoncture économique, les parents et les grands-parents souhaitent naturellement les aider à alléger certaines de leurs pressions financières, qu’il s’agisse de la hausse des coûts du logement, des frais de scolarité ou des frais de garde, a indiqué Anthony (Tony) Tintinalli, chef, Ventes spécialisées, BMO. Si le soutien peut faire une différence significative, il est important de trouver un équilibre entre générosité et protection de votre propre santé financière à long terme. Nous encourageons les familles à évaluer leurs objectifs, à fixer des limites claires quant à ce qu’elles peuvent fournir de manière durable et à travailler avec un conseiller financier pour élaborer un plan qui responsabilise leurs proches, et les aide à améliorer ensemble vos finances. »

UNE GÉNÉRATION EN TENAILLE

Le sondage s’intéresse également à la génération qui doit s’occuper à la fois de ses parents et de leurs enfants. Ainsi, plus du tiers des Canadiens (37 %) sont responsables du bien-être financier et émotionnel de leurs parents ou beaux-parents vieillissants, et, parmi eux, 15 % élèvent également des enfants.

Par ailleurs, 30 % s’occupent d’autres membres âgés de leur famille et 25 % soutiennent des proches ayant des besoins particuliers.

Si la plupart des Canadiens s’attendent à ce que les parents aident leurs enfants, 52 % estiment que les enfants devront aider leurs parents à subvenir à leurs besoins pendant leur retraite. À noter que la génération Z (51 %) et la génération Y (48 %) sont plus susceptibles que toute autre génération de gérer les aspects financiers et émotionnels liés aux soins prodigués à leurs parents vieillissants, souvent tout en élevant leurs propres enfants et en gérant leurs propres finances.

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La rédaction