Les tests de résistance prouvent leur utilité

Par James Langton | 6 December 2024 | Last updated on 5 December 2024
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Selon une nouvelle étude de la Banque du Canada, les tests de résistance des prêts hypothécaires ont permis d’éviter une recrudescence des défaillances face à la hausse rapide des taux d’intérêt.

Dans une note de recherche, le personnel de la banque centrale analyse l’impact des politiques de simulation de crise de plus en plus rigoureuses adoptées par le gouvernement fédéral et le Bureau du surintendant des institutions financières (BSIF).

Depuis 2016, le gouvernement exige des simulations de crise pour tous les prêts hypothécaires assurés, élargissant ainsi une politique existante qui n’exigeait des simulations de crise que pour certains types de prêts.

En 2018, le BSIF a commencé à exiger des prêteurs qu’ils effectuent des simulations de crise pour les prêts hypothécaires à faible ratio et à taux fixe — une exigence qui a été renforcée par la suite.

Les chercheurs de la Banque du Canada ont conclu que les exigences du BSIF en matière de simulation de crise ont eu une incidence sur les emprunts hypothécaires, les prix des logements et la résilience financière des ménages.

« Les tests de résistance hypothécaire de 2018 — une politique mise en œuvre pour les prêts hypothécaires non assurés — ont amélioré la qualité du crédit dans l’ensemble du portefeuille hypothécaire, comme prévu. Mais ils ont également eu des implications plus larges puisqu’ils ont entraîné une baisse du crédit hypothécaire et de la croissance des prix de l’immobilier », indique le document de recherche.

« Dans l’ensemble, nous constatons que ce changement a réussi à ralentir l’explosion du crédit et des prix de l’immobilier. Les régions les plus exposées à la politique de 2018 ont connu une baisse plus prononcée du nombre de prêts hypothécaires accordés, de la taille moyenne des prêts hypothécaires et de la croissance globale des prix de l’immobilier local que les régions moins exposées », précise le document.

En outre, le document a constaté que, bien que les tests de résistance élargis de 2016 aient amélioré la qualité du crédit des nouveaux emprunteurs, ils n’ont pas fait grand-chose pour freiner la vigueur des marchés du crédit et de l’immobilier.

« Les tests de résistance hypothécaire de 2016 — une politique mise en œuvre uniquement pour les prêts hypothécaires assurés — ont entraîné une amélioration des mesures standard de la qualité du crédit pour les nouveaux prêts hypothécaires, tels que les scores de crédit et la distribution des ratios prêt-valeur et service de la dette. Toutefois, en raison de son champ d’application restreint, cette politique a eu un impact limité sur le marché hypothécaire, car elle n’a pas contribué à ralentir la croissance du crédit hypothécaire et des prix de l’immobilier au Canada », indique le document.

L’étude a également montré que l’extension des tests de résistance en 2016 a permis de se prémunir contre l’augmentation des défauts de paiement à mesure que les taux d’intérêt augmentaient.

« Bien que la politique de 2016 n’ait pas réussi à stopper le boom du crédit au Canada, elle a amélioré la qualité du crédit des emprunteurs hypothécaires à ratio élevé, comme le montre une augmentation modérée des défauts de paiement », indique le document.

« À la suite de la hausse du taux directeur canadien, les zones géographiques les plus exposées à la politique de 2016 ont connu une augmentation plus faible des défaillances de crédit que les zones moins exposées, indique le document. Cette différence est particulièrement prononcée pour les défauts de paiement sur les cartes de crédit et les prêts automobiles, ainsi que pour les emprunteurs détenant des prêts hypothécaires avec des ratios LTV supérieurs à 80 %. »

Bien que certains emprunteurs aient pu se tourner vers d’autres prêteurs en réponse au changement de politique de 2016, les chercheurs ont constaté que l’expansion des tests de résistance pour les prêts hypothécaires assurés « a renforcé la résilience globale du système […]. Par conséquent, les tests de résistance des taux hypothécaires ont renforcé la capacité des emprunteurs, en particulier ceux qui ont des prêts hypothécaires à ratio élevé, à mieux gérer les augmentations significatives des paiements hypothécaires ».

Dans l’ensemble, l’étude conclut que les tests de résistance des prêts hypothécaires ont contribué à promouvoir la stabilité financière et à « faire en sorte que les ménages puissent faire face aux augmentations de leurs paiements hypothécaires sans être en retard sur leurs obligations de crédit, même dans des conditions économiques difficiles ».

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James Langton

James Langton est journaliste pour Advisor.ca et Investment Executive. Depuis 1994, il fait des reportages sur la réglementation, le droit des valeurs mobilières, l’actualité de l’industrie et plus encore.