L’IA générative, l’arme privilégiée des cybercriminels

Par La rédaction | 10 October 2025 | Last updated on 9 October 2025
3 min read
Un homme tapant au clavier, devant lui on voit cinq image de profil, dont un sélectionné et en rouge.
anyaberkut / iStock

L’arsenal des fraudeurs s’enrichit d’une nouvelle arme redoutable : l’intelligence artificielle (IA) générative. Cette technologie, qui révolutionne notre quotidien, permet désormais aux cybercriminels d’automatiser leurs escroqueries et de créer des contenus trompeurs d’un réalisme saisissant pour cibler les données personnelles des Canadiens.

Selon une récente étude menée par la Banque Royale du Canada (RBC), cette évolution technologique transforme radicalement le paysage de la cybercriminalité. « L’IA générative permet aux fraudeurs d’automatiser les escroqueries, de créer des hypertrucages et d’exploiter l’empreinte numérique des Canadiens », souligne Adam Evans, responsable de la sécurité informatique chez RBC.

Dans ce contexte, la gestion de son « persona numérique » devient cruciale pour protéger ses données, ajoute-t-il.

DES ESCROQUERIES TOUJOURS PLUS SOPHISTIQUÉES

Les résultats du sondage brossent un portrait alarmant de l’évolution des menaces. Pratiquement tous les répondants (98 %) ont observé une sophistication accrue des escroqueries, tandis que 89 % constatent une multiplication des tentatives frauduleuses comparativement aux années antérieures.

Cette intensification s’accompagne d’une difficulté croissante à détecter les arnaques : 86 % des participants estiment qu’il devient de plus en plus ardu de les identifier.

Plus inquiétant encore, cette situation génère une « lassitude face à la fraude » chez 65 % des répondants, épuisés par la vigilance constante requise. Cette fatigue psychologique pousse un tiers d’entre eux (33 %) à parfois relâcher leur garde, créant des occasions pour les malfaiteurs.

UNE PROTECTION INSUFFISANTE

Bien que les Canadiens adoptent certaines mesures préventives, leur application demeure inconsistante. Si 92 % effectuent des mises à jour de leurs logiciels et systèmes, seulement 70 % le font de manière régulière. De même, alors que 88 % activent les paramètres de confidentialité et de sécurité, uniquement 65 % maintiennent cette pratique de façon systématique.

Les traces laissées par les internautes lors de leur navigation sur les sites web, les réseaux sociaux ou l’utilisation d’applications constituent un trésor d’informations pour les cybercriminels. Ces données, initialement collectées par les entreprises pour améliorer leurs services, deviennent des cibles privilégiées pour les cyberattaques.

L’IA générative amplifie cette menace en permettant aux malfaiteurs d’analyser, d’enrichir et d’exploiter ces informations pour concevoir des attaques personnalisées, rapides et économiques. Cette évolution complique considérablement la distinction entre contenus authentiques et frauduleux.

RECOMMANDATIONS

Face à ces défis, RBC propose plusieurs stratégies défensives :

  • Vigilance face aux contenus générés par l’IA : porter attention aux incohérences de style dans les communications électroniques et surveiller les anomalies visuelles lors des appels vidéo, signes potentiels d’hypertrucages.
  • Renforcement des paramètres de sécurité : activation systématique des protections disponibles et utilisation de mots de passe robustes et uniques.
  • Prudence face aux demandes suspectes : méfiance envers toute sollicitation inhabituelle d’informations personnelles ou financières.
  • Surveillance active : contrôle régulier des comptes et données personnelles pour détecter rapidement toute activité anormale.
  • Signalement des menaces : déclaration des tentatives d’escroquerie pour protéger la communauté.

Adam Evans recommande également aux Canadiens de « faire preuve d’une plus grande vigilance à l’égard des renseignements qu’ils publient en ligne, utiliser un réseau privé virtuel (VPN) pour dissimuler leurs activités numériques et effacer activement leur trace numérique ».

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La rédaction