L’IA ne fait pas qu’éliminer des emplois

Par La rédaction | 10 June 2025 | Last updated on 9 June 2025
3 min read
AI Intelligence artificielle Sécurité Sentinelle Mot de passe Cybersécurité Ransomware Email Phishing Technologie cryptée, information numérique protégée Verrouillage sécurisé.
Just_Super / iStock

Contrairement aux idées reçues, l’intelligence artificielle (IA) ne provoque pas une disparition massive des emplois. Des postes disparaissent, d’autres apparaissent, et la nature des compétences demandées évolue rapidement, selon une étude de PwC.

Au Canada, le nombre d’emplois dans les professions les plus exposées à l’IA a progressé de 38 % entre 2019 et 2024, selon le Baromètre de l’emploi en IA 2025 de PwC, qui analyse près d’un milliard d’offres d’emploi dans le monde, dont plusieurs centaines de milliers provenant du Canada.

Les professions moins exposées à l’IA ont connu une croissance encore plus marquée, atteignant 65 %. Selon PwC, cette progression repose sur deux dynamiques :

  • les « emplois automatisés », où l’IA prend en charge certaines tâches,
  • et les « emplois augmentés », où elle vient soutenir le travail humain.

Dans les deux cas, la tendance reste à a hausse, même dans les secteurs réputés vulnérables à l’automatisation.

DEMANDE EN HAUSSE DANS LES SERVICES FINANCIERS

La demande de main-d’œuvre liée à l’IA a bondi au Canada, atteignant un sommet en 2024. Le nombre d’offres d’emploi associées à l’IA est passé de 4 000 en 2012 à 57 000 en 2024, soit une multiplication par 15 en douze ans.

Les secteurs des services financiers et de l’assurance figurent parmi les plus actifs, avec une part des offres d’emploi en IA au pays en 2024. Ce secteur arrive en tête dans l’adoption de technologies d’IA et dans la transformation des compétences axée sur l’IA.

SALAIRES À DEUX VITESSES

À l’échelle mondiale, l’étude note une hausse plus marquée des salaires dans les secteurs fortement exposés à l’IA. En moyenne, les travailleurs dotés de compétences avancées en IA bénéficient d’une prime salariale de 56 %, contre 25 % un an plus tôt.

Cette tendance creuse l’écart salarial entre les travailleurs à l’aise avec l’IA et ceux qui ne le sont pas, ce qui pourrait graduellement changer la manière dont certaines compétences sont valorisées sur le marché du travail.

Les compétences demandées dans les professions touchées par l’IA évoluent désormais 66 % plus rapidement que dans les autres domaines, selon PwC. Cette accélération exige de la part des travailleurs et des employeurs de s’adapter à un environnement où les savoir-faire deviennent plus vite obsolètes.

Par ailleurs, l’étude observe une baisse de l’importance accordée aux diplômes universitaires dans les professions exposées à l’IA. Entre 2019 et 2024, la part des offres requérant un diplôme a reculé de neuf points de pourcentage dans les emplois automatisés et de sept points dans les postes augmentés.

Ce glissement pourrait favoriser des profils issus de parcours atypiques, mais il remet aussi en question la place de la formation académique dans l’économie du savoir, signale PwC.

Par ailleurs, dans chaque pays analysé, plus de femmes que d’hommes occupent des postes exposés à l’IA. Cette réalité pourrait accentuer les pressions sur les travailleuses en matière de reconversion et d’adaptation professionnelles.

GAINS DE PRODUCTIVITÉ

Depuis l’arrivée de l’IA générative en 2022, certains secteurs comme les services financiers et l’édition ont enregistré une croissance accélérée de la productivité, avec un taux de croissance passant de 7 % à 27 % en deux ans. À l’inverse, les gains sont plus modestes dans les secteurs peu exposés à l’IA, comme l’hébergement ou l’extraction minière.

À la lumière de ces constats, PwC recommande aux organisations d’aller au-delà des gains d’efficacité immédiats et de réfléchir à la façon dont l’IA pourrait modifier en profondeur leurs modes de fonctionnement, leurs processus internes et leurs modèles d’affaires. Cela implique notamment de former les travailleurs, de revoir les stratégies de croissance et d’adapter les cultures organisationnelles.

« Même si les employeurs sont en mesure d’offrir des primes pour attirer les talents dotés de compétences en IA, ces compétences deviendront rapidement désuètes s’ils n’investissent pas dans des systèmes de formation continue », résume Pete Brown, leader de la main-d’œuvre mondiale chez PwC.

Abonnez-vous à nos infolettres

La rédaction