L’immobilier en pause : les acheteurs attendent des jours meilleurs

Par La rédaction | 16 May 2025 | Last updated on 15 May 2025
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Signature d’un contrat de vente de maison.
coldsnowstorm / iStock

Alors que le printemps marque traditionnellement une relance du marché immobilier, les Canadiens se montrent aujourd’hui plus prudents que jamais.

Le dernier Indice de BMO sur l’amélioration des finances met en lumière une réalité en mutation : 67 % des acheteurs potentiels attendent une baisse des taux d’intérêt avant de se lancer dans l’achat d’une propriété, un recul de 5 points par rapport à 2024. Plus inquiétant encore, 74 % des répondants se disent préoccupés par une récession imminente, contre 60 % un mois plus tôt.

« Le marché canadien de l’habitation est resté sous pression à l’approche du printemps, les ventes et les prix continuant de s’affaiblir », analyse Robert Kavcic, économiste principal chez BMO Marchés des capitaux. Il pointe du doigt « une faiblesse sous-jacente évidente, car les stocks s’accumulent et les investisseurs restent absents ».

Plus significatif encore : un Canadien sur deux estime que l’achat d’une propriété est moins accessible qu’il y a un an. Au Québec, cette perception est encore plus marquée, avec 55 % des répondants partageant cet avis.

QUÉBÉCOIS TOUCHÉS PAR L’ANXIÉTÉ ÉCONOMIQUE
Les données spécifiques au Québec révèlent une perception encore plus sombre : 75 % des Québécois se disent anxieux face à une potentielle récession économique, légèrement au-dessus de la moyenne nationale. L’inflation inquiète 79 % d’entre eux, contre 76 % à l’échelle canadienne. Enfin, une majorité (82 %) de candidats québécois à l’accès à la propriété se déclarent très anxieux face à l’augmentation du coût de la vie, contre 78 % au niveau national.

Face à cette réalité, 47 % des Québécois aspirant à devenir propriétaires envisagent de s’installer dans une autre province — voire à l’étranger — pour réaliser leur rêve immobilier. À l’échelle du pays, cette proportion grimpe à 52 %.

UN MARCHÉ EN MUTATION
Le rapport de BMO met en lumière plusieurs tendances qui redéfinissent le paysage immobilier canadien :

  • Des attentes précises sur les taux : 38 % des Canadiens attendent que les taux d’intérêt descendent à 3 % ou moins avant d’acheter ou de refinancer leur maison.
  • Un sentiment d’occasion manquée : 56 % des candidats à l’accession à la propriété estiment avoir raté le moment opportun pour acheter un logement, un sentiment particulièrement répandu chez les millénariaux (66 %).
  • Une demande différée : Parmi les 38 % d’acheteurs qui prévoient d’acquérir un logement, seuls 14 % envisagent de le faire en 2025, tandis que 24 % reportent leur projet à 2026 ou plus tard.
  • Un recours essentiel à l’aide familiale : 43 % des propriétaires actuels déclarent qu’ils n’auraient pas pu acheter leur logement sans l’aide de leur famille, révélant une dépendance croissante envers ce que l’on appelle communément « la banque de papa et maman ».

DE NOUVEAUX MODÈLES D’ACCESSION À LA PROPRIÉTÉ
Face à ces défis, de nouvelles approches se développent. « Bien que l’accession à la propriété continue de représenter un progrès financier pour de nombreuses personnes, nous constatons que les Canadiens commencent à explorer des voies nouvelles et différentes pour atteindre leurs objectifs à mesure que l’incertitude économique s’accroît et que les priorités changent », observe Gayle Ramsay, chef des Services bancaires courants, segments et accroissement de la clientèle chez BMO.

Parmi ces nouvelles tendances, 45 % des répondants envisageraient d’acheter un logement avec des amis, des membres de la famille ou d’autres personnes avec lesquelles ils n’ont pas de relation amoureuse. Cette propriété partagée séduit particulièrement la génération Z (63 %) et les millénariaux (50 %).

Par ailleurs, 61 % des Canadiens se déclarent satisfaits d’être locataires et ne ressentent pas la pression d’acheter, un sentiment particulièrement répandu chez les baby-boomers (83 %) et les membres de la génération X (61 %).

RÔLE DES CONSEILLERS
Malgré les incertitudes à court terme, 70 % des Canadiens gardent une certaine confiance envers leur situation financière, selon l’Indice BMO sur l’amélioration des finances. Toutefois, l’anxiété demeure bien présente :

  • 82 % redoutent les dépenses imprévues,
  • 81 % s’inquiètent de leur situation financière globale,
  • et 72 % sont préoccupés par le coût du logement.

Pour les professionnels de la finance, ces données confirment l’importance d’adapter les offres et les conseils à un marché immobilier en pleine transformation, où les attentes, les comportements et les parcours d’accession à la propriété évoluent rapidement face aux défis économiques actuels.

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La rédaction