L’incertitude géopolitique au cœur des préoccupations des family offices

Par Noushin Ziafati | 4 July 2025 | Last updated on 2 July 2025
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Point d’interrogation, choix de l’esprit avec l’homme d’affaires pensant.
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L’incertitude géopolitique a poussé les family offices mondiaux à passer à la vitesse supérieure dans leurs stratégies de gestion des risques, selon une enquête récente.

Réalisée par le gestionnaire d’actifs international BlackRock et le cabinet d’études de marché Illuminas, l’enquête 2025 Global Family Office Survey a été menée auprès de 175 family offices qui gèrent collectivement plus de 320 milliards de dollars d’actifs.

L’enquête révèle que l’incertitude géopolitique était la question la plus importante pour les family offices (84 %) et un facteur clé dans leurs décisions d’allocation de capital.

En réponse à ces risques, la majorité des family offices (68 %) renforcent leur diversification et 47 % augmentent leur recours à diverses sources de rendement, notamment les alternatives illiquides, les actions hors États-Unis, les alternatives liquides et les liquidités.

Interrogés sur les perspectives macroéconomiques et commerciales mondiales pour 2025-26, 60 % des family offices se sont montrés pessimistes.

« Les family offices mondiaux ont abordé l’année 2025 avec prudence — une attitude qui devrait se poursuivre jusqu’en 2026 — alors que les tensions géopolitiques, les changements de politique et la fragmentation du marché pèsent sur le sentiment », avance Armando Senra, responsable de l’activité institutionnelle pour les Amériques chez BlackRock, dans un communiqué.

AUGMENTATION DES ALLOCATIONS ALTERNATIVES

Dans un contexte géopolitique incertain, l’enquête a révélé que les actifs alternatifs représentaient une part plus importante des portefeuilles des family offices.

Environ 42 % des portefeuilles des family offices comprennent des actifs alternatifs, contre 39 % dans l’enquête 2022-23 de BlackRock.

La prime d’illiquidité (87 %) et les rendements moins corrélés (67 %) ont été cités comme les principales raisons d’investir dans les produits alternatifs.

Le crédit privé et l’infrastructure sont les catégories d’actifs alternatifs les plus prisées. Environ 32 % des family offices ont déclaré avoir l’intention d’augmenter leurs allocations au crédit privé, tandis que 30 % prévoient d’augmenter leur exposition à l’infrastructure en 2025-26.

Dans le même temps, l’enquête a montré que 72 % des family offices ont cité les frais élevés comme un obstacle à l’investissement sur les marchés privés, contre 40 % lors de l’enquête précédente. Le manque de valorisations attrayantes (47 %) est désigné comme le deuxième obstacle le plus important.

UTILISATION DE L’IA

L’étude a également examiné l’opinion des family offices sur l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA).

Près de la moitié d’entre eux (49 %) pensent que l’adoption de l’IA leur donnerait un avantage concurrentiel. La plupart des personnes interrogées ont déclaré qu’elles utilisaient déjà l’IA ou qu’elles l’envisageraient pour des tâches telles que la gestion des risques et la modélisation des flux de trésorerie.

Toutefois, des obstacles subsistent :

  • 47 % ont cité des problèmes de confidentialité et de sécurité des données,
  • 44 % ont noté un manque d’expertise interne en matière d’IA
  • et 31 % se sont inquiétés des hallucinations ou des biais dans les modèles d’IA.

Les family offices sont plus nombreux à investir dans des occasions dont ils pensent qu’elles bénéficieront de la croissance de l’IA (51 %) ou dans des entreprises technologiques développant des solutions d’IA (45 %) qu’à utiliser l’IA en interne pour améliorer le processus d’investissement (33 %).

L’EXTERNALISATION POUR COMBLER LES LACUNES

L’enquête a également révélé que de nombreux family offices collaboraient avec des partenaires externes pour combler les lacunes en matière de capacités internes.

Les répondants ont souligné des faiblesses dans plusieurs domaines, notamment la production de rapports (57 %), la recherche d’opportunités (63 %) et l’analyse des marchés privés (75 %).

Pour relever ces défis, 22 % des répondants ont déclaré qu’ils avaient fait appel à un directeur des investissements externalisé ou qu’ils envisageaient de le faire.

BlackRock s’est associé à Illuminas pour mener l’étude entre le 17 mars et le 19 mai. L’étude comprenait des enquêtes et des entretiens approfondis avec des directeurs des investissements et d’autres décideurs clés de family offices du monde entier.

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Noushin Ziafati

Noushin Ziafati est rédactrice en chef adjointe de Advisor.ca depuis 2024. Auparavant, elle a travaillé pour la CBC, La Presse Canadienne, CTV News, Telegraph-Journal et Chronicle Herald.