Lion Électrique : les investisseurs mécontents devront se tourner vers l’AMF

Par La Presse Canadienne | 17 January 2025 | Last updated on 17 January 2025
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Jeune homme choqué, portant des lunettes, regardant des documents bancaires avec une liste de factures et de frais et se sentant stressé sur fond gris.
pathdoc / AdobeStock

La ministre de l’Économie et de l’Énergie, Christine Fréchette, a invité les investisseurs qui se sentent floués par la débâcle de Lion Électrique à prendre contact avec l’Autorité des marchés financiers (AMF). 

Elle a reconnu que la débâcle boursière du constructeur d’autobus électriques était un événement « triste » pour les petits investisseurs qui ont misé sur l’entreprise, en marge d’une allocution devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, jeudi après-midi. « S’ils sentent qu’ils ont été floués, je les invite à contacter l’AMF pour voir de quelle manière ils peuvent prendre action en lien avec l’entreprise. »

« Cette entreprise-là, elle a des responsabilités : elle doit divulguer un certain nombre d’informations, ajoute-t-elle. Alors, il faut s’assurer que ces informations-là aient été divulguées comme il se doit. »

Les commentaires font suite à un reportage de Radio-Canada qui cite d’anciens gestionnaires de Lion qui affirment que l’entreprise a embelli les informations qu’elle a communiquées aux investisseurs. 

Lion Électrique s’est défendu d’avoir diffusé des informations trompeuses et affirme que le reportage de Radio-Canada contient « plusieurs faits erronés qui portent atteinte à la réputation de l’entreprise », dans une déclaration envoyée par courriel.

« En tant qu’entreprise québécoise cotée en bourse, Lion s’est conformée, et continue de se conformer, à ses obligations de divulgation en vertu des lois applicables en valeurs mobilières », assure le porte-parole de l’entreprise, Patrick Gervais. 

Pour sa part, la ministre Fréchette estime que les informations que lui a communiquées l’entreprise étaient conformes, mais elle a évoqué la possibilité que des vérifications soient faites.  

« Écoutez, je peux juger à mon niveau à moi que les informations me semblaient adéquates », répond-elle. 

« Maintenant, un exercice plus complet peut être fait, poursuit-elle. Comme vous savez, je suis arrivée il y a à peine quatre mois, donc voilà, à voir si, de notre côté, le ministère a reçu toutes les informations requises. C’est un exercice qui pourra être fait. »

Le gouvernement du Québec a soutenu Lion Électrique jusqu’à hauteur de 177 millions de dollars. Ces sommes ont toutefois été allouées sous la gouverne du précédent ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon. 

L’automne dernier l’entreprise était en contact avec Christine Fréchette afin de trouver les liquidités nécessaires pour éviter la faillite. 

« On a considéré de peut-être réinjecter de l’argent au fil de l’automne, mais, comme vous savez, on avait exigé que le privé y soit également, souligne-t-elle. Il y a eu des discussions jusqu’à la toute dernière minute et le privé n’était pas au rendez-vous à la hauteur qu’il fallait qu’il le soit. »

Le Parti libéral du Québec (PLQ) a demandé plus tôt jeudi qu’une commission parlementaire se penche sur l’intervention de Québec dans l’entreprise. « Visiblement, il y a des investisseurs qui ont été trompés impudemment et qui ont perdu énormément, voire l’entièreté de leurs économies. On ne peut pas demeurer les bras croisés », dénonce Monsef Derraji, le porte-parole de l’opposition officielle en matière de transports et de mobilité durable, dans un communiqué.

Christine Fréchette ne voit pas l’utilité d’une commission pour le moment. « Je ne suis pas d’avis qu’il faille nécessairement passer par une commission parlementaire », répond-elle. 

Lion Électrique est sous la protection de ses créanciers. Dans le cadre de son plan de restructuration, la société veut mettre sur pause la fabrication de camions et se concentrer sur les autobus scolaires. Elle ramènerait toutes les opérations de production au Québec.

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